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Si je ne me soucie pas de moi, qui le fera pour moi. Si je ne me soucie que de moi, qui suis-je ? Anonyme
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citations

La fibre la plus coriace doit s'amollir dans le feu de l'amour. Si elle ne fond pas, c'est que le feu n'est pas assez fort. Gandhi


Puisque j'ai rejeté l'épée, il n'est plus rien d'autre que la coupe de l'Amour que je puisse offrir à ceux qui se dressent contre moi. C'est en leur offrant cette coupe que j'espère les rapprocher de moi . Gandhi


La vie est un mystère qu'il faut vivre, et non un problème à résoudre. Gandhi


En nous efforçant d'atteindre l'inaccessible, nous rendons impossible ce qui serait réalisable. Paul Watzlawick


Chercher à devenir libre est une illusion car nous sommes déjà libres… Swami Vivekananda


Si je ne me soucie pas de moi, qui le fera pour moi. Si je ne me soucie que de moi, qui suis-je ? Anonyme


Le courage de la goutte d'eau, c'est qu'elle ose tomber dans le désert. Lao She


Une des fonctions essentielles du conte est d'imposer une trêve au combat des hommes Daniel Pennac


Mon Dieu qui n'êtes personne, donnez-moi chaque jour ma chanson quotidienne, mon Dieu qui êtes un clown, je vous salue, je ne pense jamais à vous, je pense à tout le reste, c'est déjà bien assez de travail, amen. Christian Bobin


Je trouve que la télévision à la maison est très favorable à la culture. Chaque fois que quelqu'un l'allume chez moi, je vais dans la pièce d'à côté et je lis. Groucho Marx


Si tu diffères de moi, frère, loin de me léser, tu m'enrichis St-Exupery


Que ferait un conteur s'il ne trouvait parfois un peu d'appui dans le silence ? Marcel Arland


L'humour est un art d'exister. Robert Escarpit


Attention ! Tu n'es pas à l'abri d'une réussite !!! Merci Stéphane...


N'essaie pas que ce qui arrive arrive comme tu veux, mais veux ce qui arrive comme il arrive, et tu couleras des jours heureux . Epitecte


...Prenez tout à la lettre, et dès que la nuit tombe, cherchez-la par terre.... Anonyme


Tel que vous êtes ici et maintenant, vous êtes unique. Vous n'êtes jamais le même. Vous ne saurez jamais le même. Ce que vous êtes maintenant, vous ne l'avez jamais été. Vous ne le serez jamais plus. Svami Prajnanpad


Qui sait rire de soi-même n'a pas fini de s'amuser. Alphonse Allais


Parce qu'il y a des magiciens qui vous promettent la lune... Moi, je vous promets le soleil ! Raymond Devos


Il n'y a pas de philosophe qui supporte avec sérénité une rage de dents. William Shakespeare


Ferme le poing, et tu possèdes du vide, ouvre la main et tu possèdes le monde… un proverbe zen


Aujourd'hui n'est pas une répétition. Harold Lewy


Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis. Antoine de Saint-Exupéry


Depuis qu'on calcule le temps olympique en millièmes de secondes, un type qui a un grand nez a plus de chances que les autres. Philippe Geluck


Un bouffon est un sage qui a découvert très jeune que savoir rire de soi, c'est commencer à se découvrir Maurice Robert Lalonde


Bonheur : sensation de bien-être qui peut conduire à l'imprudence. Si vous nagez dans le bonheur, soyez prudent, restez là où vous avez pied. Marc Escayro


Seul le futur m'intéresse car c'est le lieu où j'ai décidé de passer le reste de ma vie. Einstein


Prie Dieu, mais attache ton chameau. (Proverbe arabe)


Vous ne pouvez pas arrêter les vagues mais vous pouvez apprendre à surfer. J.Goldstein


On n'a le droit de rire des larmes que si l'on a pleuré. Jules Renard


En nous efforçant d'atteindre l'inaccessible, nous rendons impossible ce qui serait réalisable.Paul Watzlawick


Notre pouvoir ne réside pas dans notre capacité à refaire le monde, mais dans notre habileté à nous recréer nous-même. Gandhi


Entendre une phrase qui tombe juste, c'est voir son âme dans un miroir. Christine Orban


Quelle différence entre toi et moi?....Une lettre! Cité par Nathanaël, 10 ans.


La connaissance est la seule chose qui s'accroît lorsqu'on la partage. Sacha Boudjema


Vous ne pouvez pas empêcher les oiseaux de la tristesse de voler au-dessus de vos têtes, mais vous pouvez les empêcher de faire leurs nids dans vos cheveux. Proverbe chinois


Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait Marc Twain


Partout et toujours, cherche sans te lasser le remède qui soulage et qui sème l'espoir, ça vivifie et ton amour peut faire des miracles. Soeur Emmanuelle


Nous portons en nous les blessures de toutes les batailles que nous n'avons pas livré Cioran


La vie est trop courte pour être petite. Benjamin Disraeli


Seul celui qui tente le ridicule peut réaliser l'impossible. Miguel Unamuno


Considérons comme perdu chaque jour où nous n'avons pas dansé au moins une fois. Et considérons comme fausse chaque vérité qui ne fut pas accompagnée d'un rire. F. Nietzsche (Merci Annie)


On ne peut rien apprendre aux gens. On peut seulement les aider à découvrir qu'ils possèdent déjà en eux tout ce qui est à apprendre. Galilée


Le plus beau métier d'homme est le métier d'unir les hommes. Antoine de Saint-Exupéry


Personne ne sait comment sont exactement les choses quand on ne les regarde pas. Hubert Reeves, extrait de Patience dans l'azur


Un film doit être comme un caillou dans une chaussure. Lars von Trier


Il faut être à l'hôpital pour connaître son meilleur ami. Proverbe guadeloupéen


J'aime jouer des personnages qui ont des fêlures... c'est par là qu'entre la lumière. Gérard Lanvin


J'aime jouer des personnages qui ont des fêlures... c'est par là qu'entre la lumière. Gérard Lanvin


Le premier jour, nous regardions notre pays. Le troisième ou quatrième jour, nous nous montrions les continents. Le cinquième jour, nous avions pris conscience qu'il n'y avait qu'une seule Terre. Astronautes de Discovery 5


Je ne prouve ni n'approuve. Je me contente d'éprouver. Yvan Audouard


Lire un livre sous un arbre en double le plaisir. On ne sait plus si on tourne les pages ou si on feuillette l'arbre. Jean Chalon


- depuis que ma compagne m'a quitté, que j'ai perdu mon boulot et que mon banquier me harcèle, je dors comme un bébé! - comme un bébé ??? - oui : je me réveille toutes les heures et je pleure. Cité par Charles Ifrah Directeur de l'association "les racines du futur"


Lorsque les blancs sont venus en Afrique, nous avions des terres et ils avaient la Bible. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés; lorsque nous les avons ouverts, les blancs avaient la terre et nous la Bible » Jomo Kenyatta cité par Monseigneur Desmond Tutu, évêque d’Afrique du Sud, chef de l’Eglise anglicane, Prix Nobel de la paix en 1984


A part ce qui va mal, tout va toujours pour le mieux ! Abraham Cohen Solal


Partir au désert c'est partir au plus loin de soi-même pour revenir au plus près. Jean-Yves Leloup


L'infini est une notion dépassée, il faut voir plus loin. Philippe Roux


Vouloir expliquer le monde, c'est comme vouloir faire entrer des roses dans un vase à coups de marteau. Christian Bobin


À moins de changer de cap, nous aboutirons là où nous nous dirigeons. Proverbe chinois


Vous n'êtes pas un passager sur le train de la vie, vous en êtes l'ingénieur. Elly Roselle


L'homme est un animal enfermé, à l'extérieur de sa cage. Il s'agite hors de soi. Paul Valéry


Tout homme crée sans le savoir, comme il respire. Mais l’artiste se sent créer. Paul Valery


Donnez-moi la beauté de l’âme pour que l’intérieur et l’extérieur soient en harmonie. Socrate


Il n’est jamais trop tard pour devenir ce que l’on aurait pu être. George Eliot


Si les anges volent, c'est parce qu'ils se prennent eux-mêmes à la légère. Gilbert Keith Chesterton, Merci Harold


A part ce qui va mal, tout va toujours pour le mieux ! Abraham Cohen Solal


Lorsque les blancs sont venus en Afrique, nous avions des terres et ils avaient la Bible. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés; lorsque nous les avons ouverts, les blancs avaient la terre et nous la Bible. Jomo Kenyatta cité par Monseigneur Desmond Tutu, évêque d’Afrique du Sud, chef de l’Eglise anglicane, Prix Nobel de la paix en 1984


- depuis que ma compagne m'a quitté, que j'ai perdu mon boulot et que mon banquier me harcèle, je dors comme un bébé! - comme un bébé ??? - oui : je me réveille toutes les heures et je pleure. Cité par Charles Ifrah Directeur de l'association "les racines du futur"


Lire un livre sous un arbre en double le plaisir. On ne sait plus si on tourne les pages ou si on feuillette l'arbre. Jean Chalon


Je ne prouve ni n'approuve. Je me contente d'éprouver. Yvan Audouard


Le premier jour, nous regardions notre pays. Le troisième ou quatrième jour, nous nous montrions les continents. Le cinquième jour, nous avions pris conscience qu'il n'y avait qu'une seule Terre. Astronautes de Discovery 5


Temps : ce que les hommes essayent toujours de tuer, mais qui finit par les tuer. Herbert Spencer


Une oeuvre est toujours un cri dans le désert. François Mauriac


Dans une oasis, on n'a rien, mais on ne manque de rien. Achille Tournier


Je ferai le clown de mon mieux. Et peut-être ainsi je parviendrai à faire l'homme, au nom de tous. Michel Quint, extrait d' Effroyables jardins


Donner avec ostentation, ce n'est pas très joli ; mais ne rien donner avec discrétion, ça ne vaut guère mieux. Pierre Dac


Les pauvres ont un penchant à donner à de plus pauvres qu'eux... Quand on vit au jour le jour, ce n'est pas changer son état que de se démunir... Donner quand on possède, voilà qui est difficile. Anatole France


Le rire n'est pas le propre de l'homme. Les chiens aussi savent rire, en remuant la queue. Max Eastman


Mars, Vénus, Saturne, ce qui m'étonne ce n'est pas qu'on ait découvert tous ces astres lointains, c'est qu'on connaisse leur nom. Nohain Jean


Les Hommes ont marché sur la Lune, il est temps qu'ils apprennent à marcher sur Terre. Anonyme


Bol de soupe de riz. Pardon d’aimer davantage les tartines beurrées. Evelyne Plasse


«Ne nous reposons pas sur nos acquis, mais efforçons-nous de construire la paix, de vouloir que la paix soit dans le coeur et dans l'esprit de chacun.» John Fitzgerald Kennedy
«L'art n'est nullement nécessaire. Tout ce qu'il faut pour rendre ce monde plus habitable, c'est l'amour.» Isadora Duncan
«Fuis du plus loin la pointe assassine L'esprit cruel et le rire impur.» Paul Verlaine
«Notre vraie nationalité est l'humanité». Herbert George Wells
«Dans le malheur, l'amour devient plus grand et plus noble.» Gabriel Garcia Marquez
«N'attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites. Décide de vouloir ce qui arrive... et tu seras heureux..» Epitecte
«Noël n'est pas un jour ni une saison, c'est un état d'esprit.» Calvin Coolidge
«L'homme est un animal qui fait des affaires. Un chien n'échange pas son os contre celui d'un autre.» Sydney Smith
«La mer n'efface pas les empreintes de pas des enfants sur les plages. Elle les emporte pour faire des moules à gâteau destinés aux mamans des petits poissons sages.» Patrick Sébastien
«L'argent qu'on possède est l'instrument de la liberté, celui qu'on pourchasse est celui de la servitude.» Jean-Jacques Rousseau
«Les tigres de la colère sont plus sages que les chevaux de l'instruction.» William Blake
«Il ne sert de rien à l'homme de gagner la Lune s'il vient à perdre la Terre.» François Mauriac
«La moindre chose contient un peu d'inconnu. Trouvons-le.» Guy de Maupassant
«Ce que vous cherchez, vous l'êtes déja. » Jean Klein
«Pour être heureux, il faut souvent très peu de chose : un peu d'espoir, beaucoup d'amour... » Francis Blanche
«Le printemps naît chaque fois que rit une jeune fille et meurt chaque fois que pleure un enfant.» Germaine Beaumont
«Ce qu'on appelle échec n'est pas la chute, mais le fait de rester à terre. » Mary Pickford
«C'est ce que je fais qui m'apprend ce que je cherche. » Pierre Soulages
« On n'essaierait jamais rien s'il fallait d'abord répondre à toutes les objections. » Samuel Johnson
« En vérité, je ne voyage pas, moi, pour atteindre un endroit précis, mais pour marcher: simple plaisir de voyager. » Robert Louis Stevenson

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contes
ES-TU MON AMI ?
Il était une fois deux amis qui suivaient des cours chez un même vieux lettré du village. Ils étaient inséparables malgré leur différence de caractère. L'un, Luu Binh, était studieux, travailleur, grave ; l'autre, Duong Lê, aimait surtout rire, s'amuser, et négligeait les leçons qu'il considérait comme une vraie corvée.
Malgré les remontrances du vieux maître et les conseils de son ami, Duong Lê refusait de travailler sérieusement. Ce qui devait arriver arriva. Aux concours impériaux, Luu Binh fut reçu et nommé sur-le-champ mandarin dans une région située à plusieurs milles du village. Duong Lê échoua et abandonna définitivement les études. Les deux amis restaient sans nouvelles l'un de l'autre pendant quelques années. Puis Luu Binh vit un jour débarquer à son palais une sorte de clochard misérable : c'était son ami Duong Lê qui venait demander de l'aide. Mais Luu Binh fit chasser Duong Lê de son palais, le traitant de fainéant, de paresseux, et de bon à rien. Humilié, rouge de colère, Duong Lê quitta le palais en jurant de se venger de cet affront de la part d'un homme qu'il croyait être son meilleur ami. Il entra dans une auberge et se mit à boire.
Une jeune femme, belle et distinguée, entra dans l'auberge juste à ce moment-là. Remarquant Duong Lê en train de boire plus que de raison, elle s'approcha de lui et dit : - Je vois que vous avez une grosse peine. Racontez-moi votre histoire et je pourrais peut-être vous aider. La douceur de cette jeune femme inspira confiance à Duong Lê qui se mit à lui raconter ce qui venait de se passer, ainsi que son farouche désir de vengeance. A son grand étonnement, Duong Lê se vit offrir une curieuse proposition : - Je m'appelle Châu Long. J'habite seule dans une grande maison non loin d'ici, dit la jeune femme. J'ai beaucoup de biens et je peux vous aider à réaliser votre vengeance. A une condition : vous allez travailler dur pour réussir aux prochains concours impériaux et devenir un mandarin d'un rang plus élevé que celui de votre ennemi. Ce sera votre vengeance. Duong Lê accepta la proposition et suivit la jeune femme dans sa villa. A partir de ce jour, il travaillait jour et nuit, apprenant, révisant sans cesse, tandis que Châu Long était aux petits soins pour lui.
Après trois ans de dur labeur, le jour de triomphe arriva : Duong Lê fut premier lauréat des grands concours impériaux et nommé gouverneur d'une grande province.
De retour à la maison, Duong Lê dit à Châu Long : - J'irai demain au palais de mon ennemi, et je serai curieux de voir sa réaction. J'aurai enfin ma vengeance.
Châu Long dit : - Puisque tu ne seras pas là demain, permets-moi d'aller ce soir rendre visite à une amie et rester toute la journée avec elle. Nous ne nous sommes pas vues depuis longtemps. Duong Lê acquiesça à son désir, et aussitôt Châu Long se préparait à partir. Le lendemain Duong Lê se rendit au palais de son pire ennemi. Cette fois il fut reçu avec un immense respect et avec toute l'étiquette due à son rang. Mais quelle ne fut sa surprise quand il vit Châu Long elle-même leur apporter le plateau de thé. Luu Binh regarda son ami et dit en souriant : - Je crois que vous connaissez Châu Long. C'est ma troisième femme ! Aussitôt Duong Lê comprit toute l'histoire. Il tomba à genoux devant son ami et dit : - Pardon de t'avoir haï pendant toutes ces années. Tu avais envoyé Châu Long pour me sauver de ma déchéance. Tu as fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Tu es le meilleur ami qui puisse exister. Je jure de donner ma vie pour toi s'il le faut ! Luu Binh releva son ami, puis les deux hommes éclatèrent de rire, sous le regard ravi de Châu Long. Luu Binh donna l'ordre aux domestiques de préparer un grand festin pour marquer les retrouvailles, et surtout pour fêter le triomphe de l'amitié.

Parabole de la vraie science de la vie
Lorsque fut la sept cent soixante-quatorzième nuit, Shéhérazade dit :

On raconte que dans une ville d'entre les villes, où l'on enseignait toutes les sciences, vivait un jeune homme beau et studieux. Bien que rien ne lui manquât, il était possédé du désir de toujours apprendre d'avantage. Il lui fut un jour révélé, grâce au récit d'un marchand voyageur, qu'il existait dans un pays fort éloigné, un savant qui était l'homme le plus saint de l'Islam et qui possédait à lui seul autant de science, de sagesse et de vertu, que tous les savants du siècle réunis. Malgré sa renommée, ce savant exerçait le simple métier de forgeron, comme son père avant lui et son grand-père avant son père.

Ayant entendu ces paroles, le jeune homme rentra chez lui, prit ses sandales, sa besace et son bâton, et quitta la ville et ses amis sur le champ. Il marcha pendant quarante jours et quarante nuits. Enfin il arriva dans la ville du forgeron. Il alla directement au souk et se présenta à celui dont tous les passants lui avaient indiqué la boutique. Il baisa le pan de la robe du forgeron et se tint devant lui avec déférence. Le forgeron qui était un homme d'âge au visage marqué par la bénédiction lui demanda :
- Que désires-tu, mon fils ?
- Apprendre la science. répondit le jeune homme.
Pour toute réponse le forgeron lui mit dans les mains la corde du soufflet de la forge et lui dit de tirer. Le nouveau disciple répondit par l'obéissance et se mit aussitôt à tirer et à relâcher la corde sans discontinuer, depuis le moment de son arrivée jusqu'au coucher du soleil. Le lendemain il s'acquitta du même travail, ainsi que les jours suivants, pendant des semaines, pendant des mois et ainsi toute une année, sans que personne dans la forge, ni le maître, ni les nombreux disciples qui avaient chacun un travail tout aussi rigoureux, ne lui adressât une seule fois la parole, sans que personne ne se plaignît ou seulement murmurât.

Cinq années passèrent de la sorte. Le disciple, un jour, se hasarda timidement à ouvrir la bouche :
- Maître...
Le forgeron s'arrêta dans son travail. Tous les disciples, à la limite de l'anxiété, firent de même. Dans le silence il se tourna vers le jeune homme et demanda :
- Que veux-tu ?
- La science !
Le forgeron dit :
- Tire la corde !
Sans un mot de plus tout le monde reprit le travail. Cinq autres années s'écoulèrent durant lesquelles, du matin au soir, sans répit, le disciple tira la corde du soufflet, sans que personne ne lui adressât la parole. Mais si quelqu'un avait besoin d'être éclairé sur une question de n'importe quel domaine, il lui était loisible d'écrire la demande et de la présenter au Maître le matin en entrant dans la forge. Le Maître ne lisait jamais l'écrit. S'il jetait le papier au feu, c'est sans doute que la demande ne valait pas la réponse. S'il plaçait le papier dans son turban, le disciple qui l'avait présenté trouvait le soir la réponse du Maître écrite en caractères d'or sur le mur de sa cellule.

Lorsque dix années furent écoulées, le forgeron s'approcha du jeune homme et lui toucha l'épaule. Le jeune homme, pour la première fois depuis des années, lâcha la corde du soufflet de forge. Une grande joie descendit en lui. Le Maître dit :
- Mon fils, tu peux retourner vers ton pays et ta demeure, avec toute la science du monde et de la vie dans ton coeur. Car tout cela tu l'a acquis en acquérant la vertu de la patience !
Et il lui donna le baiser de paix. Le disciple s'en retourna illuminé dans son pays, au milieu de ses amis. Et il vit clair dans la vie.

Extrait des Contes des mille et une nuits


LE POT FÊLÉ Merci à véronique

Une vieille dame chinoise possédait deux grands pots, chacun suspendu au bout d'une perche qu'elle transportait, appuyée derrière son cou. Un des pots était fêlé, alors que l'autre pot était en parfait état et rapportait toujours sa pleine ration d'eau. À la fin de la longue marche du ruisseau vers la maison, le pot fêlé lui n'était plus qu'à moitié rempli d'eau.

Tout ceci se déroula quotidiennement pendant deux années complètes, alors que la vieille dame ne rapportait chez elle qu'un pot et demi d'eau. Bien sûr, le pot intact était très fier de ses accomplissements. Mais le pauvre pot fêlé, lui, avait honte de ses propres imperfections, et se sentait triste, car il ne pouvait faire que la moitié du travail pour lequel il avait été créé.

Après deux années de ce qu'il percevait comme un échec, il s'adressa un jour à la vieille dame, alors qu'ils étaient près du ruisseau. " J'ai honte de moi-même, parce que la fêlure sur mon côté laisse l'eau s'échapper tout le long du chemin lors du retour vers la maison ".

La vieille dame sourit : " As-tu remarqué qu'il y a des fleurs sur ton côté du chemin, et qu'il n'y en a pas de l'autre côté ? J'ai toujours su à propos de ta fêlure, donc j'ai semé des graines de fleurs de ton côté du chemin, et chaque jour, lors du retour à la maison, tu les arrosais. Pendant deux ans, j'ai pu ainsi cueillir de superbes fleurs pour décorer la table. Sans toi, étant simplement tel que tu es, il n'aurait pu y avoir cette beauté pour agrémenter la nature et la maison. "

Chacun de nous, avons nos propres manques, nos propres fêlures. Mais ce sont chacune de ces craquelures et chacun de ces manques qui rendent nos vies ensemble si intéressantes et enrichissantes à trouver ce qu'elle a de bon en elle.

Donc, à tous mes amis fêlés, passez une superbe journée et rappelez-vous de prendre le temps de sentir les fleurs qui poussent sur votre côté du chemin!


CONTE SUR LA COLÈRE...
Voici un conte qui en dit long sur la force de changement du désert…

C’était un être qui avait si mauvais caractère qu’il en avait perdu beaucoup de temps et de nombreuses amitiés. Un jour, il rencontra un vieux sage en haillons à qui il demanda :
« Comment puis-je venir à bout de ce démon de la rage ? »

Le vieillard conseilla à l’homme de se rendre dans une oasis lointaine du désert, brûlée par le soleil, de s’asseoir sous les arbres desséchés et de tirer un peu d’eau saumâtre pour les voyageurs qui par hasard s’aventureraient jusque là.
L’homme, dans son désir de venir à bout de sa colère, gagna le désert et s’installa sous les arbres taris. Là, durant des mois et des mois, enveloppé d’étoffes et d’un burnous pour se protéger des vents de sable violents, il tira de l’eau saumâtre pour tous les passants. Des années passèrent ainsi et il n’eut plus aucun accès de mauvaise humeur.

Un jour, survint un cavalier noir. Du haut de son chameau, il jeta un coup d’œil hautain à l’homme qui lui tendait un bol empli d’eau. Il examina d’un air méprisant l’eau trouble, la refusa et reprit sa route.
La rage alors s’empara de l’homme et l’aveugla tant et si bien qu’il jeta le cavalier à bas de sa monture et le tua sur le champ. Il en fut aussitôt profondément navré. Voilà que la fureur s’était emparée de lui et qu’elle l’avait conduit au meurtre.

Alors qu’il se désolait, surgit à toute allure un autre cavalier. Il baissa les yeux sur le visage du mort et s’exclama : « Allah soit loué ! Tu as tué l’homme qui s’en allait assassiner le roi ! »

A cet instant, l’eau saumâtre de l’oasis se transforma en une eau pure et fraîche et les arbres, éclatants de sève, se couvrirent de pousses vertes et tendres.


Mirage ou réalité ?…
Quelques pas dans le désert pour rêver la réalité… ou pour réaliser son rêve ! Un conte à plusieurs « étages », comme souvent :

Au soleil couchant, le jeune bédouin observe une certaine agitation au sein de sa horde de chameaux, habituellement imperturbable. Il arrête sa caravane et scrute l'horizon. Au loin, derrière de gigantesques dunes surgit un effroyable tourbillon de sable qui semble tout dévorer sur son passage.

Apeuré, il rebrousse chemin, sachant que seul un refuge peut le sauver. Poussant ses chameaux, il peut entendre le grondement de la tempête.

Soudain au sommet d'une immense dune il distingue une forteresse entre désert et mer d'Arabie, étincelante sous les rayons du soleil et coiffée d'une merveilleuse coupole qui semble sortir de l'imaginaire. Tout en s'approchant, les portes s'ouvrent et il se sent projeté dans un autre monde. Durant trois jours et trois nuits, la tempête fait rage au dehors des immenses murailles. Pendant ce temps il se détend au milieu de dattiers et de jardins luxuriants. Traité généreusement, il demeure dans une résidence royale avec festins et musiques tout au long des nuits. Avec le calme retrouvé, il prend congé de ses honorables hôtes et le cœur serré, continue son voyage.

Au sommet de la dune d'où il vit pour la première fois la forteresse, il se retourne. Seul le désert et les rives de la mer d'Arabie demeurent, la forteresse a disparu !

Le soir, autour du crépitement du feu de camp, un vieux nomade murmure : "bien sûr, tout ceci est la magie du mirage". Un jour la forteresse ressurgira du sable dans toute sa splendeur et les voyageurs se précipiteront à nouveau vers ses portes, envoûtés par son accueil chaleureux.


Le chasseur et l’oiseau
Cette semaine, encore, un texte venu du désert où l’apparence passe et trépasse, et où chaque geste prend sa juste place, loin du mirage de « l’attitude »… Court, incisif, ciselé comme une rose du désert ; le silence qui lui succède nous parle de l’essentiel… Comme ce que nous vivrons la semaine prochaine : un contraste saisissant entre l’énergie Clown et la patience du désert. Un point convergeant existe cependant : dans le désert, vivre ici et maintenant est une évidence ! Demain est un projet lointain à remettre… au lendemain !

Un homme chassait des oiseaux, un jour de grand froid. Il égorgeait les oiseaux qu’il attrapait, pendant que des larmes lui coulaient sur les joues, à cause du froid.

Un oiseau dit à son compagnon :

-« N’aie pas peur de cet homme, ne vois-tu pas qu’il est en pleurs ? »

L’autre lui répondit :

-« Ne regarde pas ses larmes, mais vois plutôt ce que font ses mains ! »

AL-SHARÎSHÎ (1162-1222, XII°-XIII° Siècle)


En devenir...
Merci à Margalida pour ces deux perles qui se font écho et nous éclairent, pour peu que nous prenions le temps de nous laisser touchés... Une fois n'est pas coutume, il va peut-être nous falloir relire plusieurs fois cette lettre pour en percevoir l'essence...

"Je suis mort parce que je n’ai pas le désir,
Je n’ai pas le désir parce que je crois posséder,
Je crois posséder parce que je n’essaye pas de donner ;
Essayant de donner, on voit qu’on n’a rien,
Voyant qu’on n’a rien, on essaye de se donner,
Essayant de se donner, on voit qu’on n’est rien,
Voyant qu’on est rien, on désire devenir,
Désirant devenir, on vit."
René Daumal

et

"Il dépend de celui qui passe
que je sois tombe ou trésor.
Que je parle ou me taise, ceci ne tient qu’à toi.
Ami n’entre pas sans désir."
Paul Valery


L'homme dont l'heure n'était pas encore venue.

Il était une fois un riche marchand qui vivait à Bagdad. Il possédait une maison cossue, des domaines petits et grands et une flotte de navires qui voguaient vers les Indes chargés de précieuses marchandises. Il avait acquis tous ces biens en partie par héritage, en partie grâce à ses propres efforts qu'il avait déployés au bon moment et au bon endroit, et enfin grâce aux directives et aux conseils bienveillants que lui avait prodigués le Roi d'Occident - titre que l'on donnait alors au Sultan de Cordoue.

Puis la chance tourna. Un oppresseur cruel s'empara de ses terres et de ses maisons. Les navires qui cinglaient vers les Indes furent pris dans des typhons et sombrèrent, une série de malheurs s'abattit sur sa famille. Même ses amis intimes semblaient ne plus pouvoir entretenir avec lui des rapports harmonieux, malgré leurs efforts réciproques pour rester en bons termes.

Le marchand décida alors de se rendre en Espagne pour y rencontrer son ancien protecteur et il se mit en route pour la traversée du désert occidental. En chemin, les malheurs se succédèrent. Son âne mourut. Il fut capturé par des bandits puis vendu comme esclave et ne put s'échapper qu'au prix de grandes difficultés. Son visage, brûlé par le soleil ressembla bientôt à un cuir tanné. Des villageois le chassèrent brutalement. Cà et là, un derviche lui donnait une bouchée de pain et des haillons pour se vêtir. Parfois il trouvait un peu d'eau fraîche au fond d'une mare mais le plus souvent c'était de l'eau saumâtre.

Il arriva enfin aux portes du palais du Roi d'Occident. Même là, il eut le plus grand mal à obtenir la permission d'entrer. Les soldats le repoussèrent de la hampe de leurs lances; les chambellans refusèrent de lui donner audience. On lui offrit un modeste emploi à la Cour afin qu'il puisse gagner assez d'argent pour être à même de se présenter dans une tenue convenable le jour où il solliciterait auprès du Maître des Cérémonies la faveur d'être admis en présence du roi. Le marchand se plia à tout cela.

Le jour où il fut introduit dans la salle d'audience, cela faisait trois ans exactement qu'il avait quitté la ville de Bagdad. Le roi le reconnut immédiatement, s'enquit de sa santé et l'invita à venir s'asseoir auprès de lui.

"Votre Majesté, dit le marchand, j'ai terriblement souffert ces dernières années. Mes terres ont été usurpées, mon patrimoine confisqué, mes navires ont sombré et avec eux tout mon capital. Pendant trois ans, j'ai dû lutter contre la faim, les bandits, le désert et contre des gens dont je ne comprenais pas la langue. Je viens m'en remettre à la merci de Votre Majesté."

Le roi se tourna vers le Chambellan. "Donne-lui cent moutons, nomme-le Berger Royal, envoie-le là-haut dans la montagne et laisse-le à son travail."

Légèrement déçu, car il s'attendait à plus de générosité de la part du monarque, le marchand se retira, après les salutations d'usage. Il n'avait pas plus tôt atteint le maigre pâturage qu'on lui avait attribué que ses moutons furent frappés par la maladie et moururent les uns après les autres. Il revint à la Cour.

"Comment vont tes moutons ? s'enquit le roi.

- Votre Majesté, sitôt arrivés au pâturage, ils sont tous morts !"

Le roi fit un geste et décréta : "Qu'on donne à cet homme cinquante moutons et qu'il s'en occupe jusqu'à nouvel ordre !"

Confus et désemparé, le berger conduisit son troupeau dans la montagne. Les moutons commençaient à brouter l'herbe avec appétit quand soudain deux chiens sauvages surgirent qui les pourchassèrent jusqu'à un précipice où ils trouvèrent la mort. Le marchand, très affligé, s'en retourna auprès du roi pour lui raconter ce qui s'était passé.

"Très bien, dit le roi, tu peux prendre maintenant vingt-cinq moutons et continuer comme avant."

Le marchand reprit le chemin du pâturage avec ses moutons. L'espoir désertait son coeur, il était plus désemparé que jamais car il ne se sentait en rien l'âme d'un berger. Sitôt dans la montagne, chacune de ses brebis mit bas deux agneaux, ce qui doubla quasiment son troupeau. Puis la chose se reproduisit une fois encore. Les jeunes agneaux étaient gras, pourvus d'une épaisse toison et leur chair était savoureuse. Le marchand vendit certaines de ses bêtes et en acheta d'autres : il s'aperçut alors que les moutons qu'il avait achetés malingres et chétifs, devenaient peu à peu robustes et vigoureux et finissaient par ressembler à l'étonnante nouvelle race qu'il élevait.

Au bout de trois ans, il put retourner à la Cour, magnifiquement vêtu, pour y rendre compte de la façon dont le troupeau avait prospéré sous sa garde. Il fut admis sur-le-champ auprès du roi.

"Es-tu maintenant un bon berger ? lui demanda le roi.

- Oh oui, Votre Majesté ! D'une façon incompréhensible la chance a tourné en ma faveur et je dois dire que tout a bien marché - bien que je n'aie toujours pas pris goût à l'élevage des moutons.
- Très bien, dit le roi. Là-bas s'étend le royaume de Séville qui est sous ma tutelle. Va, et que l'on sache que je t'ai fait roi de Séville!" Et il lui effleura l'épaule de la hache cérémonielle.

Le marchand ne peut se contenir : "Mais pourquoi ne n'avez-vous pas fait roi quand je suis venu vous voir la première fois ? Vouliez-vous mettre ma patience à l'épreuve alors qu'elle était déjà à bout ? Ou bien vouliez-vous m'enseigner quelque chose ?"

Le roi se mit à rire. "Disons simplement que si tu avais pris possession du royaume de Séville le jour où tu as conduit tes cent moutons dans la montagne pour les perdre aussitôt, il ne resterait plus aujourd'hui une seule pierre debout dans la cité de Séville !"


L'IDIOT ET LE THÉOLOGIEN
Voici un conte Zen délicieux sur notre vision du monde, notre « grille » de lecture, nos interprétations et les quiproquos qui en découlent ! Si vous croyez encore après cela qu’une « bonne » communication dépend de la clarté de « l’émetteur », ou de l’attention du « récepteur »…

Un moine zen vivait avec son frère borgne et idiot. Un jour, alors qu'il devait s'entretenir avec un théologien fameux, venu de loin pour le rencontrer, il se trouva dans l'obligation de s'absenter. Il dit alors à son frère :

"Reçois et traite bien cet érudit ! Surtout ne lui dit pas un mot et tout ira bien !"

Le moine quitta alors le monastère. Dès son retour, il alla promptement retrouver son visiteur

"Mon frère vous a-t-il bien reçu ?" s'enquit-il. Plein d'enthousiasme, le théologien s'exclama :

"Votre frère est absolument remarquable. C'est un grand théologien."

Le moine surpris bégaya :

"Comment ?... mon frère... un théologien ?...

- Nous avons eu une conversation passionnante, reprit l'érudit, uniquement en nous exprimant par geste. je lui ai montré un doigt, il a répliqué en m'en montrant deux. je lui ai alors répondu, comme c'est logique, en lui montrant trois doigts, et lui m'a stupéfait en arborant un poing fermé qui concluait le débat...

Avec un doigt, je professais l'unité de Bouddha. De deux doigts il a élargit mon point de vue en me rappelant que Bouddha était inséparable de sa doctrine. Enchanté par la réplique, avec trois doigts je lui signifiait : Bouddha et sa doctrine dans le monde. Il eut alors cette sublime réplique, en me montrant son poing : Bouddha, sa doctrine, le monde, tout cela fait un. La boucle était bouclée."

Quelque temps plus tard, le moine alla retrouver son borgne de frère :

"Raconte moi ce qui c'est passé avec le théologien !

-C'est très simple, dit le frère. Il m'a nargué en me montrant un doigt pour me faire remarquer que je n'avais qu'un oeil. Ne voulant pas céder à la provocation, je lui retournai qu'il avait la chance, lui, d'en avoir deux. Il s'obstina, sarcastique : "de toute façon, à nous deux cela fait trois yeux." Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. En lui montrant mon poing fermé, je le menaçais de l'étendre sur-le-champ, s'il ne cessait ses insinuations malveillantes.


LE JARDIN ZEN

Court et précis comme souvent, ce conte nous rappelle combien « l’ordre » est un « désordre » organisé !

Un Maître zen demanda à son disciple de nettoyer le jardin du monastère. Le disciple nettoya le jardin et le laissa dans un état impeccable.

Le maître ne fut pas satisfait. Il lui fit refaire le nettoyage une deuxième, puis une troisième fois.

Découragé le pauvre disciple se plaignit : "Mais Maître, il n'y a rien de plus à ordonner, à nettoyer dans ce jardin ! Tout est fait !"

- "Il manque une chose", répondit le Maître. Il secoua un arbre et quelques feuilles se détachèrent , jonchant le sol.

"A présent, le jardin est parfait." Conclut-il.


Ecouter voir…

Un premier conte de Noël, à écouter les yeux fermés…

Deux hommes, tous les deux gravement malades, occupaient la même chambre d'hôpital.
L'un d'eux devait s'asseoir dans son lit pendant une heure chaque après-midi afin d'évacuer les sécrétions de ses poumons, son lit était à coté de la seule fenêtre de la chambre.

L'autre devait passer ses journées couché sur le dos. Les deux compagnons d'infortune se parlaient pendant des heures. Ils parlaient de leurs épouses et de leurs familles, décrivaient leur maison, leur travail, leur participation dans le service militaire et les endroits ou ils avaient été en vacances.

Et chaque après-midi, quand l'homme dans le lit près de la fenêtre pouvait s'asseoir, il passait le temps à décrire à son compagnon de chambre tout ce qu'il voyait dehors.

L'homme dans l'autre lit commença à vivre pendant ces périodes d'une heure où son monde était élargi et égayé par toutes les activités et les couleurs du monde extérieur.

De la chambre, la vue donnait sur un parc avec un beau lac, les canards et les cygnes jouaient sur l'eau tandis que les enfants faisaient voguer leurs bateaux en modèles réduits. Les amoureux marchaient bras dessus, bras dessous, parmi des fleurs aux couleurs de l'arc-en-ciel, de grands arbres décoraient le paysage et on pouvait apercevoir au loin la ville se dessiner.

Pendant que l'homme près de la fenêtre décrivait tous ces détails, l'homme de l'autre coté de la chambre fermait les yeux et imaginait la scène pittoresque.

Lors d'un bel après-midi, l'homme près de la fenêtre décrivit une parade qui passait par-là. Bien que l'autre homme n'ait pu entendre l'orchestre, il pouvait le voir avec les yeux de son imagination, tellement son compagnon le dépeignait de façon vivante.

Les jours et les semaines passèrent.

Un matin, à l'heure du bain, l'infirmière trouva le corps sans vie de l'homme près de la fenêtre, mort paisiblement dans son sommeil.

Attristée, elle appela les préposés pour qu'ils viennent prendre le corps.

Dès qu'il sentit que le moment était approprié, l'autre homme demanda s'il pouvait être déplacé à coté de la fenêtre.

L'infirmière, heureuse de lui accorder cette petite faveur, s'assura de son confort, puis elle le laissa seul.

Lentement, péniblement, le malade se souleva un peu, en s'appuyant sur un coude pour jeter son premier coup d’œil dehors.

Enfin, il aurait la joie de voir par lui-même ce que son ami lui avait décrit. Il s'étira pour se tourner lentement vers la fenêtre près du lit.

Or, tout ce qu'il vit, fut un mur !

Et quand l'homme demanda à l'infirmière pourquoi son compagnon de chambre décédé lui avait dépeint une toute autre réalité, elle en fut toute étonnée : l'homme était aveugle et ne pouvait même pas voir le mur !


Parle moi de toi...

En cette période de fêtes et de lumières je me permets de te tutoyer un instant. Histoire de te rappeler ce qui nous réunit : notre humanité. Et je te propose de (te) faire un cadeau inouï : parler au moins 5 minutes avec quelqu'un que tu ne connais pas, et, plus difficile encore, vers qui tu ne te sens pas d'aller. Juste lui dire bonjour, lui souhaiter le meilleur, et partager un peu de ton amour avec lui ou elle. Voilà, c'est tout ! Tu as peur ? je t'offre à mon tour ce texte connu, mais lu parfois trop vite. Prends le temps de le méditer ces prochains jours. Allez, je reprends le vouvoiement : prenez soin de votre Foi.... Quelle qu'elle soit... quelle que soit l'orthographe, le programme ou le menu de Noël, le "temple" où vous passerez ces dernières journées chargées de symboles...

"Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur, notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite. C’est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraye le plus. Nous nous posons la question : qui suis-je, moi, pour être brillant, radieux, talentueux et merveilleux ?
En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ?
Vous êtes un enfant de Dieu. Vous restreindre, vivre petit ne rend pas service au monde.
L’illumination n’est pas de vous rétrécir pour éviter d’insécuriser les autres.
Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous. Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus, elle est en chacun de nous et en laissant briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même.
En nous libérant de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres."

Nelson MANDELA, Extrait du discours d’investiture à la présidence en 1994.


L'enseignement par le rire
J'ai omis une résolution essentielle pour 2007 : rire...

Le maître d'un monastère lointain utilisait une curieuse méthode : il enseignait par le rire. Tant et si bien que sa notoriété se répandit rapidement dans les provinces alentour, elle grossit, et on parla de lui à la capitale. Certains maîtres en éprouvèrent une secrète jalousie. On s'empressa de dépêcher des moines pour éprouver sa méthode.

Au terme d'une longue marche dans la montagne, les moines furent accueillis, par une brève et classique leçon sur le vide.

Ils furent invités ensuite à prendre le thé avec le maître; un disciple servit le thé, et chacun voulut porter le bol aux lèvres, mais le contenu s'échappa brusquement sur la table, pour y couler en minces filets "Ce n'est pas possible" protestèrent les moines, pendant que le maître et son assistant riaient de bon cœur.

Un trou au fond de la tasse avait été pratiqué. La nappe l'obstruait, mais dès qu'on levait la tasse le liquide s'en échappait.

"L'esprit est une tasse sans cesse vide, dit le maître. A quoi sert de remplir le vide ? Le vide reste le vide. Videz-vous ici, comme ces tasses de thé !", déclara-t-il.

Les moines demandèrent congé pour la nuit. Le lendemain, un semblable sermon sur le vide fut prononcé, puis le maître invita de nouveau à prendre le thé. Les moines s'installèrent précautionneusement, et avant de porter la main à leur tasse, ils s'inclinèrent pour s'assurer que le fond parut sans égratignure.

Ils le scrutèrent bien. Une fois rassurés, ils voulurent prendre leur bol, mais ceux-ci restaient immobiles, malgré leurs efforts répétés.

Et le maître et son assistant de rire à pleines dents devant leur entêtement. Les tasses étaient collées à la table.

"Il ne faut pas resté attaché aux choses, conclut rapidement le maître".

La voie est nombreuse, le chemin est identique.


Le test des trois passoires
Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute réputation de sagesse. Quelqu'un vint un jour trouver le grand philosophe et lui dire: Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami? - Un instant, répondit Socrate, avant que tu ne me racontes tout cela, j'aimerais te faire passer un test très rapide. Ce que tu as à me dire, l'as-tu fais passer par le test des trois passoires?- Les trois passoires? - Mais oui, reprit Socrate. Avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l'on aimerait dire. C'est ce que j'appelle le test des trois passoires. La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me raconter est vrai?- Non, pas vraiment. Je n'ai pas vu la chose moi-même, je l'ai seulement entendu dire...- Très bien ! Tu ne sais donc pas si c'est la vérité. Voyons maintenant. Essayons de filtrer autrement, en utilisant une deuxième passoire, celle de la bonté. Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bien ?- Ah non ! Au contraire ! J'ai entendu dire que ton ami avait très mal agi.- Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es pas sûr si elles sont vraies. Ce n'est pas très prometteur ! Mais tu peux encore passer le test, car il reste une passoire, celle de l'utilité. Est-il utile que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait ?- Utile ? Non pas réellement, je ne crois pas que ce soit utile. -Alors, de conclure Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ? Je ne veux rien savoir et, de ton côté, tu ferais mieux d'oublier tout cela !


Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie? (merci Laurence...)
Un jour, un vieux professeur de l'École Nationale d'Administration Publique (ENAP) fut engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d'une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines.
Ce cours constituait l'un des 5 ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n'avait donc qu'une heure pour "faire passer sa matière ".Debout, devant ce groupe d'élite (qui était prêt à noter tout ce que l'expert allait lui enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit : "Nous allons réaliser une expérience".De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot de verre de plus de 4 litres qu'il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux a peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu'au bord et qu'il fut impossible d'y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :"Est-ce que ce pot est plein?".Tous répondirent : "Oui".Il attendit quelques secondes et ajouta : "Vraiment ?".Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s'infiltrèrent entre les cailloux... jusqu'au fond du pot. Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et réitéra sa question :"Est-ce que ce pot est plein?". Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège. L'un d'eux répondît: "Probablement pas !"."Bien !" répondît le vieux prof. Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table un sac de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il redemanda : "Est-ce que ce pot est plein ?".Cette fois, sans hésiter et en choeur, les brillants élèves répondirent :"Non!"."Bien!" répondît le vieux prof.
Et comme s'y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d'eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu'a ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda :"Quelle grande vérité nous démontre cette expérience? "
Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondît : "Cela démontre que même lorsque l'on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire ".
"Non" répondît le vieux prof. "Ce n'est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : "Si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite". Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l'évidence de ces propos. Le vieux prof leur dit alors : "Quels sont les gros cailloux dans votre vie ?" "Votre santé ?" "Votre famille ?""Vos ami(e)s ?""Réaliser vos rêves ?""Faire ce que vous aimez ?""Apprendre "Défendre une cause ?""Vous relaxer ?""Prendre le temps... ?""Ou... tout autre chose ?"
"Ce qu'il faut retenir, c'est l'importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir... sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n'aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie.
Alors, n'oubliez pas de vous poser à vous-même la question :"Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie?"Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (vie)"D'un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et quitta lentement la salle.


Une valeur propre. La valeur d'un billet de 20 euros.
Un conférencier bien connu commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 20 euros. Il demande aux gens : "Qui aimerait avoir ce billet?"Les mains commencent à se lever. Alors il dit : "Je vais donner ce billet de 20 euros à quelqu'un de vous, mais avant laissez-moi d'abord faire quelque chose avec".Il chiffonne alors le billet avec force et il demande: " Est-ce que vous voulez toujours de ce billet?"Les mains continuent à se lever. " Bon, d'accord, mais que se passera-t-il si je fais cela ? "
Il jette le billet froissé par terre et saute à pieds joints dessus, l'écrasant autant que possible et le recouvrant des poussières du plancher.Ensuite il demande : " Qui veut encore avoir ce billet ?" Evidemment, les mains continuent de se lever !
"Mes amis, vous venez d'apprendre une leçon... Peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n'a pas changé. Il vaut toujours 20 euros. "Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissés, rejetés, souillés par les gens ou par les événements. Vous aurez l'impression que vous ne valez plus rien, mais en réalité votre valeur n'aura pas changé aux yeux des gens qui vous aiment!
La valeur d'une personne ne tient pas à ce qu'elle fait ou ne fait pas. Vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs car votre valeur intrinsèque demeure toujours intacte.


Le rire de Soie...
Il était une fois, une île ou tous les différents sentiments vivaient : le Bonheur, la Tristesse, le Savoir, ainsi que tous les autres, l'Amour y compris. Un jour on annonça aux sentiments que l'île allait couler. Ils préparèrent donc tous leurs bateaux et partirent.Seul l'Amour resta. L'Amour voulait rester jusqu'au dernier mo-ment. Quand l'île fut sur le point de sombrer, l'Amour décida d'appeler à l'aide. La Richesse passait à côté de l'Amour dans un luxueux bateau. L'Amour lui dit, Richesse, peux-tu m'emmener?Non car il y a beaucoup d'argent et d'or sur mon bateau. Je n'ai pas de place pour toi. L'Amour décida alors de demander à l'Orgueil, qui passait aussi dans un magnifique vaisseau, Orgueil, aide-moi je t'en prie !Je ne puis t'aider, Amour. Tu es tout mouillé et tu pourrais endommager mon bateau.La Tristesse étant à côté, l'Amour lui demanda, Tristesse, laisse-moi venir avec toi. Ooh... Amour, je suis tellement triste que j'ai besoin d'être seule !Le Bonheur passa aussi à coté de l'Amour, mais il était si heureux qu'il n'entendît même pas l'Amour l'appeler !Soudain, une voix dit, Viens Amour, je te prends avec moi.C'était un vieillard qui avait parlé. L'Amour se sentit si reconnaissant et plein de joie qu'il en oublia de demander son nom au vieillard. Lorsqu'ils arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s'en alla. L'Amour réalisa combien il lui devait et demanda au SavoirQui m'a aidé ?
C'était le Temps répondit le Savoir.Le Temps ? s'interrogea l'Amour.Mais pourquoi le Temps m'a-t-il aidé ?Le Savoir, sourit plein de sagesse, et répondit :
C'est parce que Seul le Temps est capable de comprendre combien l'Amour est important dans la Vie.


Cela aussi - ça passera.
Un roi eut une nuit un songe.Il possédait un anneau merveilleux.
Lorsqu'il regardait cet anneau et qu'il était triste, il devenait alors tout joyeux.
Lorsqu'il était heureux et qu'il regardait cet anneau, son visage devenait sombre.
Il fit venir ses conseillers et il leur demanda de trouver un anneau semblable à celui qu'il avait vu dans son rêve. Tous les sages furent consultés. Nulle trace d'une telle merveille dans le pays. Après des mois, des années de recherche, on le trouva enfin au doigt d'une vielle femme au regard serein. Le roi était rempli de gratitude lorsqu'il regardait l'anneau. Son enthousiasme se calmait, et sa tristesse ne tardait pas à disparaître. Sur cet anneau, il y avait seulement inscrits, en lettre d'or, ces quelques mots : Cela aussi - ça passera.


Le père, l'enfant et l'âne
Un enfant demande à son père :- Dis papa, quel est le secret pour être heureux ?
Alors le père demande à son fils de le suivre ; ils sortent de la maison, le père sur leur vieil âne et le fils suivant à pied. Et les gens du village de dire :- Mais quel mauvais père qui oblige ainsi son fils d'aller à pied !- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison, dit le père. Le lendemain ils sortent de nouveau, le père ayant installé son fils sur l'âne et lui marchant à côté. Les gens du village dirent alors :
- Quel fils indigne, qui ne respecte pas son vieux père et le laisse aller à pied !- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison. Le jour suivant ils s'installent tous les deux sur l'âne avant de quitter la maison. Les villageois commentèrent en disant :
- Ils ne respectent pas leur bête à la surcharger ainsi !- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison. Le jour suivant, ils partirent en portant eux-mêmes leurs affaires, l'âne trottinant derrière eux. Cette fois les gens du village y trouvèrent encore à redire :- Voilà qu'ils portent eux-mêmes leurs bagages maintenant ! C'est le monde à l'envers !- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison. Arrivés à la maison, le père dit à son fils :- Tu me demandais l'autre jour le secret du bonheur. Peu importe ce que tu fais, il y aura toujours quelqu'un pour y trouver à redire. Fais ce qui te plaît et tu seras heureux !


Le lièvre et le Grand Génie de la brousse
Un jour le lièvre s'en alla trouver le Grand Génie de la brousse et lui dit :
_ O Grand Génie ! Toi qui veille sur tous les habitants de la brousse, Toi qui est le Maître des Maîtres, je veux te demander quelque chose._ Quelle chose ?
_ Une seule chose : c'est que tu augmentes la puissance de ma cervelle Et pourquoi faire ?_ Pour que j'ai plus d'esprit que toutes les autres bêtes de la brousse.
Le Grand Génie réfléchit et dit :_ Je veux bien, mais il faut, auparavant, que tu me montres ce que tu es capable de faire. Emporte cette gourde et emplis-la de petits oiseaux ; prends cette calebasse et emplis la de lait de biche ; emporte aussi ce bâton et va chercher un serpent aussi long que lui. Quand tu reviendras avec la gourde pleine de petits oiseaux, la calebasse pleine de lait de biche, et le serpent aussi long que le bâton, alors je verrai ce que je puis faire pour toi.
Le lièvre partit, encombré de sa gourde, de sa calebasse et de son bâton. Après avoir trotté quelque temps, il vint s'allonger auprès d'une source à laquelle beaucoup d'animaux venaient boire, le soir, au coucher du soleil. Là, il se tint tranquille, et il se mit à penser, à penser et à penser encore jusqu'au moment où le soleil commença à descendre pour disparaître. Et voilà que les petits oiseaux de la brousse arrivèrent en grand nombre. Et tous ces oiseaux de sautiller, de boire, de chanter, de jouer, de voler, de se rouler et de voleter encore. Le lièvre se dit :_ Aujourd'hui je vais voir de quoi je suis capable ! Et, sortant de son coin, il commença à sauter à droite, à gauche, en avant, en arrière, en criant de toutes ses forces :_ Non ! Non !... Jamais !... Ce n'est pas possible en vérité !... Comment peut-on croire une chose pareille !... Non, non et non !... Ils ne sont pas assez nombreux pour ça. Les oiseaux, arrêtés tout droit sur leurs deux pattes, et fort étonnés, l'appelèrent :_ Lièvre ! Que dis-tu ?... Mais que dis-tu donc ?_ Oh ! N'en parlons pas !... il s'agit d'une chose tout à fait impossible..._ Mais quoi donc ?_ Quelqu'un m'a raconté que vous pourriez entrer dans la gourde que voici et la remplir ! Mais je sais bien que c'est tout à fait impossible : vous n'êtes pas assez nombreux pour ça !_ Tu plaisantes, lièvre, s'écrièrent les oiseaux. Vraiment, lièvre, tu plaisantes ! Et ils riaient, tout en sautillant autour du lièvre, et en chantant :_ Nous pouvons la remplir tout entière... Tout entière nous pouvons la remplir ! Le lièvre, sans remuer, dit :
_ Non en vérité, non, vous ne pouvez pas !_ Ah nous ne pouvons pas, reprirent les oiseaux mécontents de voir leur parole mise en doute. Attends un peu et tu vas voir !
Un premier oiseau entra par le goulot, puis un second et un troisième, et tant et tant qu'à la fin la gourde fut pleine.Alors, le malin bondit sur la gourde, la ferma solidement avec un bouchon, et la cacha dans un coin. A ce moment une biche arrivait pour boire à la source. Et notre lièvre de recommencer à sauter à droite, à gauche, en avant, en arrière, en criant de toutes ses forces :_ Non ! Non !... Jamais !... Ce n'est pas possible en vérité !... Comment peut-on croire une chose pareille !... Non,non et non !... Elle n'a pas assez de lait pour ça.La biche étonnée , s'arrêta sur ses quatre pattes, le regarda et l'appela :_ Lièvre, que dis-tu ?... Mais que dis-tu donc ?_ Oh n'en parlons pas !... Il s'agit d'une chose tout à fait impossible...
_ Mais quoi donc ?_ Quelqu'un m'a raconté que vous pourriez emplir de votre lait la calebasse que voici. Mais je sais que c'est tout à fait impossible : vous n'avez pas assez de lait pour ça._ Tu plaisantes lièvre ; vraiment, tu plaisantes !Et la biche de rire, tout en sautant autour du lièvre en chantant :_ Je puis l'emplir tout entière... tout entière je puis l'emplir !Mais le lièvre secoua ses oreilles et dit :_ Non, en vérité, vous ne pouvez pas !_ Ah je ne puis pas, dit la biche fâchée d'être ainsi démentie. Attends un peu et tu vas voir !elle s'installa au dessus de la calebasse, et le lait coula, coula, coula tant et tant que bientôt la calebasse fut remplie._ J'ai perdu mon pari, dit le lièvre. Mon cousin le lion avait raison quand il m'affirmait que vous donnez plus de lait que la vache. Et je m'en vais le lui dire de ce pas._ Le lion ? demanda la biche. Et elle tremblait déjà de frayeur._ Mais oui, le lion... il est là, tout près... attendez-moi je reviens avec lui._ Adieu lièvre dit la biche en bondissant dans la forêt, je verrai le lion une autre fois.Content de s'être débarrassé si facilement de la biche, le lièvre ferma soigneusement la calebasse pleine de lait et la porta auprès de la gourde pleine de petits oiseaux.Bientôt un serpent arriva pour se désaltérer à son tour.Dès qu'il le vit, le lièvre commença à marcher le long du bâton en comptant ses pas et en criant de toutes ses forces :
_ Deux pas... Trois pas... Quatre pas... Non ! Non ! Jamais... Cinq pas... Ce n'est pas possible en vérité !... Six pas... Comment peut-on croire une chose pareille !... Sept pas... Non, non et non ! Il n'est pas assez grand pour ça.Le serpent s'arrêta, tout surpris, se dressa tout droit sur sa queue, regarda la lièvre et l'appela :
_ Lièvre, que dis-tu ? Mais que dis-tu donc ?_ Oh n'en parlons pas !... Il s'agit d'une chose tout à fait impossible..._ Mais quoi donc ?_ Quelqu'un m'a raconté que vous étiez aussi long que le bâton que voici. Mais je sais bien que vous n'êtes pas aussi grand que ça !_ Tu plaisantes, lièvre, s'écria le serpent. Vraiment tu plaisantes !Et il se mit à ricaner, et à ramper dans l'herbe, tout en sifflant :
_ Je suis aussi long que le bâton... Aussi long que le bâton, je suis !Mais le lièvre secoua ses deux oreilles et dit :_ Non, en vérité, non, vous ne l'êtes pas !
_ Ah tu crois cela, dit le serpent furieux d'être pris pour un menteur. Et bien je vais me mettre à côté et tu verras que je suis aussi grand que lui. Et le serpent de s'allonger tout contre le bâton.Notre malin lièvre fit un bond, attacha le serpent au bâton, un lien à la tête, un lien à la queue, et il serra si bien que le serpent ne pouvait plus bouger. Alors notre lièvre pris la gourde, la calebasse et le bâton et il partit trouver le Grand Génie de la brousse._ Grand Génie ! appela-t-il.
_ Me voici, lièvre. Je t'attendais._ Regarde, Grand Génie, voilà la gourde pleine de petits oiseaux, la calebasse pleine de lait de biche, et le serpent long comme le bâton.Le Grand Génie regarda tout cela, regarda la lièvre, lui toucha le front et lui dit :_ En vérité, si j'augmentais la puissance de ton esprit, je ferais une grande sottise._ Et pourquoi ? demanda le lièvre._ Tu es assez rusé comme cela ! Si tu l'étais d'avantage, tu deviendrais mon maître.


Enfin on connait la vérité...
Dans le jardin d'Eden, Eve appelle Dieu :- Seigneur, j'ai un problème!- Quel est ton problème, Eve? répond Dieu.- Seigneur, je sais que tu m'as créée et m'as donné ce magnifique jardin et tous ces merveilleux animaux et ce serpent carrément marrant, mais voilà, je ne suis pas heureuse.- Qu'y a-t-il Eve? fut la réponse du Ciel.
- Seigneur, je me sens seule, et j'en ai ras le bol des pommes, elles me rendent malade.- Bon, Eve, dans ces conditions, je vais te créer un homme.- Un homme, Seigneur? C'est quoi ça ?- Hé bien, c'est une créature légèrement défectueuse avec pas mal de bugs; il ment, il triche, il est vaniteux. En gros, il va te donner un sacré boulot. Mais... il est plus grand, il court plus vite, il aime chasser et tuer des tas de choses. Il aura l'air un peu con quand il sera satisfait, mais puisque tu t'es plainte, je vais le créer de telle façon qu'il comble tes besoins physiques. Je te préviens qu'il n'aura pas beaucoup d'esprit et appréciera plutôt des choses puériles comme se battre ou donner des coups de pieds dans une balle. Bref, il ne sera pas très intelligent, aussi il aura besoin de tes conseils pour penser correctement.- Ca m'a l'air pas mal, dit Eve, le sourcil un peu ironique. Où est le truc Seigneur?- Hé bien tu peux l'avoir, mais à une seule condition.- Laquelle Seigneur?- Comme je le disais, il sera fier, arrogant et narcissique. Aussi tu devras lui laisser croire que je l'ai créé en premier !!!


Qui Est Là ?
Un disciple, qui voulait voir son maître et lui parler, vint frapper à sa porte.
-Qui est là ? demanda le maître.-Rinzo.-Va-t´en ! s´écria brutalement le maître.
Il accompagna même cet ordre d´une insulte.Rinzo s´en alla sans comprendre, revint quelques heures plus tard et frappa de nouveau, mais plus timidement, à la porte.
-Qui est là ? demanda le maître.-Rinzo.-Va-t´en !Et le maître ajouta plusieurs insultes méprisantes.Rinzo s´en alla, très attristé et désemparé. Il passa toute la nuit à souffrir et à réfléchir. A l´aube suivante, les yeux gonflés, le coeur incertain, il alla une troisième fois frapper à la porte du maître, qui demanda :
-Qui est là ?-Personne…, répondit faiblement le disciple. -Ah, Rinzo! dit alors le maître. Pousse la porte, entre !


Le rire de Soie...(bis)
un africain vient étudier en France. Au bout d'une semaine, il rencontre une membre d'une association qui le questionne :tout va bienouipourtant vous avez l'air soucieux...en effet une chose m'inquiète : cette semaine, il y a un jour où je n'ai pas ri! Vous ne savez pas rire dans votre pays! Je ne sais pas si je vais pouvoir tenir... Rions, c'est bienfaits pour nous!

Flatland ( la contrée plate )
Il y a près d'une centaine d'années, le Révérend Edwin A. Abbott, proviseur du lycée de la Cité de Londres, écrivit un petit livre sans prétention intitulé Flatland [Abbott (Edwin A.), Flatland : A Romance in Many Dimensions, 6e éd. New York, Dover, 1952 ; trad. Fr., Flatland…une aventure à plusieurs dimensions, Paris, Denoël, 1968]. Flatland est raconté par un habitant d'un monde bi-dimensionnel - c'est-à-dire ayant longueur et largeur mais point de hauteur -, un monde aussi plat qu'une feuille de papier couverte de lignes, triangles, carrés, etc. Les gens se meuvent librement à, ou plutôt dans, sa surface, mais ne peuvent, telles des ombres, s'élever au-dessus du plan ou s'y enfoncer. Inutile de dire que cette incapacité échappe à leur conscience : l'exis­tence d'une troisième dimension - la hauteur - leur est inima­ginable.
Le narrateur vit une expérience accablante précédée d'un songe étrange, dans lequel il se voit transporté à Lineland (la Contrée Ligne), un monde unidimensionnel où tous les êtres sont des lignes ou des points se déplaçant d'avant en arrière le long d'une même ligne droite. Cette ligne est ce qu'ils appellent l'espace, et l'idée de se mouvoir à gauche ou à droite, plutôt que d'avant en arrière, passe complètement l'imagination des habitants, les Linelanders. Le rêveur tente en vain d'expliquer à la plus longue ligne de Lineland (le monarque) ce qu'il en est de Flatland. Le Roi le prend pour un illuminé, et le narrateur finit par perdre patience :
Pourquoi user plus de mots? Qu'il me suffise d'être le complé­ment de votre incomplète personne. Vous êtes une ligne, mais je suis moi une ligne de lignes, que dans mon pays on nomme un carré. Et encore suis-je moi-même, quoique infiniment supérieur à vous, de peu de rang auprès des grands princes de Flatland, d'où je viens vous voir dans l'espoir d'éclairer votre ignorance.
Entendant ces folles insultes, le Roi et tous ses sujets lignes et points se préparent à attaquer le Carré, que la cloche du petit déjeuner éveille à cet instant aux réalités de Flatland.
Un autre événement déconcertant intervient au cours de la journée. Le Carré enseigne à son jeune petit-fils, un Hexagone[2], des notions fondamentales d'arithmétique appliquées à la géomé­trie. Il lui montre comment on peut calculer le nombre de pouces carrés d'un carré en élevant tout simplement à sa deuxième puissance le nombre de pouces de son côté :

Le petit Hexagone médita un moment la chose et me dit ensuite : « Mais vous m'avez appris à élever les nombres à la troisième puissance : j'imagine que 33 veut dire quelque chose en géo­métrie. Qu'est-ce que cela veut dire? » « Rien du tout », répondis-je, « du moins rien en géométrie. Car la géométrie n'a que deux dimensions. » Puis je montrai au garçon comment un point fait, en se déplaçant sur une distance de trois pouces, une ligne de trois pouces, qu'on peut représenter par le nombre 3 ; et comment une ligne de trois pouces, en se plaçant parallèlement à elle-même à une distance de trois pouces, fait un carré de trois pouces de tous côtés, qu'on peut représenter par le nombre 32.

Sur ces entrefaites, mon petit-fils, revenant encore à sa première idée, m'interpella assez brusquement et s'exclama : « Eh bien donc, si un point, en se déplaçant de trois pouces, fait une ligne de trois pouces représentée par 3, et si une ligne droite de trois pouces, en se plaçant parallèlement à elle-même, fait un carré de trois pouces de tous côtés représenté par 32, il est certain qu'un carré de trois pouces de tous côtés doit, en se déplaçant de quelque manière (mais je ne saurais dire laquelle), faire quelque chose d'autre (mais je ne saurais dire quoi) de trois pouces de tous côtés qu'on doit représenter par 33. » « Va te coucher », dis-je un peu irrité de cette interruption. « Si tu disais moins de non-sens, tu retiendrais plus de sens. »

Ainsi le Carré, ne prêtant pas attention à la leçon qu'il aurait pu tirer de son rêve, répète exactement la même erreur qu'il aurait tant voulu faire comprendre au Roi de Lineland. Tandis que la soirée avance, il n'arrive pourtant pas à chasser de son esprit le bavardage du petit Hexagone ; et comme il finit par s'exclamer : « Ce garçon est idiot. 33 ne saurait avoir aucune signification en géométrie, » une voix lui répond aussitôt : « Ce garçon n'est pas idiot. 33 a une signification géométrique évidente. » La voix est celle d'un étrange visiteur, qui prétend venir de Spaceland (la Contrée Espace) — un univers inimagi­nable où les choses ont trois dimensions. L'étranger tente d'expliquer au Carré ce qu'est une réalité tridimensionnelle et combien Flatland est, en comparaison, limitée. Et de même que le Carré s'était présenté au Roi comme une ligne de lignes, le visiteur se définit comme un cercle de cercles, qu'à Spaceland on nomme une sphère. Ceci, le Carré ne peut bien sûr le saisir, car tout ce qu'il voit de son visiteur est un cercle — mais un cercle aux propriétés aussi déconcertantes qu'inexplicables : il croit et décroît en diamètre, se réduisant parfois à un simple point avant de disparaître complètement. La Sphère explique sans impatience qu'il n'y a là rien d'étrange : elle est un nombre infini de cercles superposés dont la taille varie d'un point à un cercle de treize pouces de diamètre. Quand elle approche la réalité bi-dimensionnelle de Flatland, elle est tout d'abord invi­sible aux Flatlanders puis, lorsqu'elle entre en contact avec le plan de Flatland, elle paraît être un point. Tandis qu'elle conti­nue son mouvement, elle ressemble à un cercle dont le diamètre ne cesse de s'accroître, jusqu'à ce qu'elle commence à se réduire pour finalement disparaître.
Ce qui explique encore comment la Sphère a réussi à s'intro­duire dans Flatland malgré ses portes verrouillées : elle est tout simplement passée par en haut. Mais l'idée d'un « en haut » est si étrangère à la réalité du Carré qu'il ne peut la pénétrer. Et comme il ne le peut, il refuse d'y croire. La Sphère ne voit finalement pas d'autre recours que de soumettre le Carré à ce que nous appellerions aujourd'hui une expérience transcendantale :

Une horreur indicible s'empara de moi. L'obscurité se fit ; puis j'eus une sensation étourdissante, écœurante, celle d'un voir qui n'était pas comme voir : je vis une ligne qui n'était point ligne, un espace qui n'était point espace. J'étais moi-même, et non moi-même. Quand je retrouvai ma voix, je me mis à hurler d'agonie : « C'est ou bien la folie ou bien c'est l'Enfer. » « Ce n'est ni l'un ni l'autre », répondit calmement la voix de la Sphère, « c'est la connaissance. Ce sont les trois dimensions. Ouvrez encore les yeux et tâchez de regarder droit ».

Les choses prennent après ce moment de mysticisme un tour comique. Saturé par l'expérience confondante de son entrée dans cette réalité entièrement nouvelle, le Carré est maintenant avide de découvrir les mystères de mondes toujours plus élevés, d'un « espace plus spacieux, d'une dimensionnalité plus dimensionnelle », la contrée aux quatre, cinq, six dimensions. Mais la Sphère ne veut rien entendre de telles balivernes : « Il n'est pas de semblable contrée. Son idée même est rigoureusement inconcevable. » Et comme le Carré ne voudra pas en démordre, la Sphère finira par le renvoyer dans l'espace confiné de Flatland.

La morale de cette histoire est tristement réaliste. Le Carré voit devant lui une glorieuse carrière : se mettre en chemin sans attendre pour évangéliser tout Flatland et chanter le cantique des trois dimensions. Mais outre qu'il lui est de plus en plus difficile de se rappeler ce qu'il a exactement perçu de la réalité tri-dimensionnelle, il est en fin de compte arrêté et jugé par l'équivalent pour Flatland de l'Inquisition. Au lieu du bûcher, il est condamné à la prison à vie ; une prison qui res­semble fort, tant l'intuition de l'auteur est étrange, à certains hôpitaux psychiatriques d'aujourd'hui. Le Grand Cercle — c'est-à-dire le Grand Prêtre — lui rend visite chaque année dans sa cellule et lui demande s'il se sent mieux. Et chaque année le pauvre Carré ne peut s'empêcher de vouloir encore convaincre son interlocuteur qu'une troisième dimension existe bel et bien. Sur quoi le Grand Cercle secoue la tête et repart pour une autre année.

Ce que Flatland dépeint avec éclat est la complète relativité de la réalité. Sans doute l'élément le plus meurtrier de l'histoire de l'humanité est-il l'illusion d'une réalité « réelle », avec toutes les conséquences qui en découlent logiquement. Il faut par ailleurs un haut degré de maturité et de tolérance envers les autres pour vivre avec une vérité relative, avec des questions auxquelles il n'est pas de réponse, la certitude qu'on ne sait rien et les incertitudes résultant des paradoxes. Mais si nous ne pouvons développer cette faculté, nous nous relèguerons, sans le savoir, au monde du Grand Inquisiteur, où nous mènerons une vie de mouton, troublée de temps à autre par l'âcre fumée de quelque autodafé, ou des cheminées d'un crématoire. Merci à Paul Watzlawick!


Trois sagesses...
Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l'envoya auprès d'un Vieux Sage.- Éclaire-moi sur le Sentier de la Vie, demanda le Prince.- Mes paroles s'évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d'entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t'en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t'en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.Le Vieux Sage disparut et le Prince s'engagea sur le Chemin de la Vie.Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire:CHANGE LE MONDE- C'était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d'autres ne me conviennent pas.Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l'ivresse du conquérant, mais pas l'apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d'autres lui résistèrent. Bien des années passèrent.Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :- Qu'as-tu appris sur le chemin ?- J'ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m'échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n'en dépend pas.- C'est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise.Et il disparut.Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire:CHANGE LES AUTRES C'était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d'amertume et de frustration.
Et il s'insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat. Bien des années passèrent.Un jour, alors qu'il méditait sur l'utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :- Qu'as-tu appris sur le chemin ?- J'ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n'en sont que le révélateur ou l'occasion. C'est en moi que prennent racine toutes ces choses.- Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu'ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t'enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir.Et le Vieil Homme disparut.Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots:CHANGE-TOI TOI-MÊME- Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c'est bien ce qui me reste à faire, se dit-il.Et il entama son 3ème combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal.Après bien des années de ce combat où il connut quelques succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :- Qu'as-tu appris sur le chemin ?- J'ai appris, répondit le Prince, qu'il y a en nous des choses qu'on peut améliorer, d'autres qui nous résistent et qu'on n'arrive pas à briser.
- C'est bien, dit le Sage.- Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J'ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise.- C'est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d'aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru.
Et il disparut.Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s'aperçut qu'elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait:ACCEPTE-TOI TOI-MEMELe Prince s'étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu'il avait franchi la porte la première fois, dans l'autre sens.- Quand on combat on devient aveugle, se dit-il.Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu'il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s'aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.
Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :- Qu'as-tu appris sur le chemin ?
- J'ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c'est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J'ai appris à m'accepter moi-même, totalement, inconditionnellement. - C'est bien, dit le Vieil Homme, c'est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3ème porte.A peine arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut:ACCEPTE LES AUTRESTout autour de lui il reconnut les personnes qu'il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu'il avait aimées comme celles qu'il avait détestées. Celles qu'il avait soutenues et celles qu'il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l'avait tellement gêné et contre quoi il s'était battu.Il rencontra à nouveau le Vieux Sage.- Qu'as-tu appris sur le chemin ? demanda ce dernier.- J'ai appris, répondit le Prince, qu'en étant en accord avec moi-même, je n'avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d'eux. J'ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement.- C'est bien, dit le Vieux Sage. C'est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.Arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut: ACCEPTE LE MONDE
- Curieux, se dit-il, que je n'aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu'il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l'éclat et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C'était pourtant le même monde qu'autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ?Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda.- Qu'as-tu appris sur le chemin ?- J'ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c'est tout. Ce n'était pas le monde qui me troublait, mais l'idée que je m'en faisais. J'ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement.- C'est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde.
Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l'habita. - Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence.Et le Vieil Homme disparut


Les Bambous
Au Japon, dans la riche tradition zen, où la brièveté des contes les laisse parfois comme suspendus, on raconte qu´un disciple demanda à son maître la signification réelle du bouddhisme. -Attends que nous soyons seuls, dit le maître, et je te répondrai. Quand ils furent seuls, le disciple posa de nouveau la question. Le maître lui fit signe de le suivre et le conduisit jusqu´à un jardin.En silence, il lui montra un bosquet de bambous. Le disciple ne comprenait toujours pas. Alors le maître lui dit :-Voici un bambou long, et en voici un court.


Quand je me lève, je me lève.
On demanda un jour à un homme qui savait méditer, comment il faisait pour être si recueilli, en dépit de toutes ses occupations.
Il répondit:Quand je me lève, je me lève. Quand je marche, je marche. Quand je suis assis, Je suis assis. Quand je mange, je mange. Quand je parle, je parle. Les gens l'interrompirent en lui disant:Nous faisons de même, mais que fais-tu de plus ?
Quand je me lève, je me lève. Quand je marche, je marche. Quand je suis assis, je suis assis. Quand je mange, je mange. Quand je parle, je parle. Les gens lui dirent encore une fois:C'est ce que nous faisons aussi !Non, leur répondit-il. Quand vous êtes assis, vous vous levez déjà. Quand vous vous levez, vous courez déjà. Quand vous courez, vous êtes déjà au but… Présentement !


Le sage Amérindien - extraits
Je ne suis pas intéressé par ce que tu fais pour vivre. Je veux savoir ce qui brûle en toi et si tu oses rêver la réalisation de ce que tu portes dans le cœur. Je ne suis pas intéressé par ton âge. Je veux savoir si tu prends le risque de passer pour un fou au nom de l'Amour, de tes rêves et de l'aventure qu'est la vie. Je ne suis pas intéressé à savoir quelles planètes sont en carré avec la lune. Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre tristesse, si tu as été ouvert aux trahisons de la vie ou si tu es devenu endurci et fermé par peur d'une peine prochaine. Je veux savoir si tu peux t'asseoir avec la douleur, la mienne ou la tienne, sans bouger pour la cacher, l'amoindrir ou l'arrêter. Je veux savoir si tu peux être dans la joie, la mienne ou la tienne, si tu peux danser avec ferveur et laisser l'extase te remplir complètement, jusqu'au bout de tes doigts et de tes orteils sans nous dire de faire attention, d'être réaliste et de ne pas oublier les limites de l'être humain. Je ne suis pas intéressé à savoir si ce que tu me dis est vrai. Je veux savoir si tu es prêt à décevoir les autres pour rester vrai avec toi-même et si tu peux supporter d'être accusé de trahison et ne pas trahir ton âme. Je veux savoir si tu peux être fidèle et donc digne de confiance.
...Je veux savoir si tu peux vivre avec les échecs, les miens ou les tiens, et pourtant continuer à te tenir debout au bord du lac en criant à la pleine lune argentée « oui .Je ne suis pas intéressé à savoir ce que tu as appris, où tu l'as appris et qui te l'a enseigné. Je veux savoir ce qui te nourrit de l'intérieur lorsque tout s'effondre autour de toi. Je veux savoir si tu peux rester seul avec toi-même, et si tu jouis vraiment de ta propre compagnie dans ces moments de vide. Sage Amérindien, Le rêveur d'orient.Traduit de l'anglais par Urwana Shandar.


Ecouter est peut-être le plus beau cadeau que nous puissions faire à quelqu'un...
C'est lui dire, non pas avec des mots, mais avec ses yeux, son visage, son sourire et tout son corps : tu es important pour moi, tu es intéressant, je suis heureux que tu sois là ...Ecouter , c'est commencer par se taire. Ecouter, c'est accueillir l'autre avec reconnaissance tel qu'il se définit lui-même, sans se substituer à lui pour dire ce qu'il doit être.Ecouter ce n'est pas vouloir que quelqu'un soit comme ceci ou comme cela , c'est apprendre à découvrir ses qualités qui sont en lui spécifiques.
C'est être ouvert positivement à toutes les idées, à tous les sujets, à toutes les expériences, à toutes les solutions, sans interprèter , sans juger, laissant à l'autre son espace et le temps de trouver la voie qui est la sienne. Etre attentif à quelqu'un qui souffre, ce n'est pas donner une solution ou une explication à sa souffrance, c'est lui permettre de la dire et de trouver lui-même son propre chemin pour se libérer… Ecouter, c'est donner à l'autre ce qu'on ne nous a peut-être jamais donné : de l'attention, du temps, une présence affectueuse. Apprendre à écouter quelqu'un, c'est l'exercice le plus utile que nous puissions faire pour nous libérer de nos propres détresses... C'est en apprenant à écouter les autres que nous arrivons à nous écouter nous-mêmes, notre corps et toutes nos émotions, c'est le chemin pour apprendre à écouter la terre et la vie, c'est devenir poète, c'est-à-dire sentir le coeur et voir l'âme des choses. A celui qui sait écouter, est donné de ne plus vivre à la surface : il communie à la vibration intérieure de tout vivant. Vu sous cet angle, se taire devient urgent! Et si chacun de nous se tait? Et bien nous ferons silence, une véritable ère de repos bienvenue en ces temps agités et bruyants... Mais peut-être est-ce une trop difficile bataille pour quelques uns d'entre nous?
Nous avons tant à dire...


Vis maintenant!
Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n'écoute pas de musique, celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux. Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre, celui qui ne se laisse jamais aider. Il meurt lentement celui qui devient esclave de l'habitude refaisant tous les jours les mêmes chemins, celui qui ne change jamais de repère, Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements Ou qui ne parle jamais à un inconnu Il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d'émotions celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les coeurs blessés Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves, celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n'a fui les conseils sensés. Vis maintenant!Risque-toi aujourd'hui!Agis tout de suite!Ne te laisse pas mourir lentement!Ne te prive pas d'être heureux!
En espagnol pour les puristes...
Muere lentamente quien no viaja,quien no lee,quien no oye música,quien no encuentra gracia en sí mismo.Muere lentamentequien destruye su amor própio,quien no se deja ayudar.Muere lentamentequien se transforma en esclavo del hábitorepitiendo todos los días los mismos trayectos,quien no cambia de marca,no se atreve a cambiar el color de su vestimentao bien no conversa con quien no conoce. Muere lentamentequien evita una pasión y su remolino de emociones,justamente éstas que regresan el brillo a los ojos y restauran los corazones destrozados.Muere lentamentequien no gira el volante cuando está infeliz consu trabajo, o su amor,quien no arriesga lo cierto ni lo incierto para iratrás de un sueñoquien no se permite, ni siquiera una vez en su vida,huir de los consejos sensatos...¡ Vive hoy !¡ Arriesga hoy !¡ Hazlo hoy !¡ No te dejes morir lentamente !¡ NO TE IMPIDAS SER FELIZ !Pablo Neruda Prix Nobel de Littérature 1971


VERS LA LUMIERE ...
Si durant cette année, vous croyant au fond du trou, vous doutez de vous en sortir, relisez ce qui suit et bonne ascension vers la lumière... :
Un jour, l'âne d'un fermier tomba dans un puits.
Pas facile de sortir un âne d'un puits.
L'âne gémissait. c'était horrible...
et le fermier se demandait bien ce qu'il allait faire !
Comment sortir un âne d'un puits???
Finalement, le fermier pensa que l'âne était vieux
et que le puits était sec depuis longtemps et ne servait plus à rien.
Il n'était donc pas rentable de récupérer l'âne.
Il invita tous ses voisins à venir l'aider.
Chacun saisit une pelle, et ils commencèrent à remplir le puit, de terre.
Au début, l'âne réalisant ce qui lui tombait sur la tête, se mit à braire horriblement.
Puis ... il se tut. Ce fut un long silence...
Le fermier très coupable, se décida à regarder au fond du puits, et là il fut très surpris
Après chaque pelletée de terre qui tombait sur lui, l'âne réagissait aussitôt
Il se secouait pour enlever la terre de son dos, et il piétinait ensuite le sol sous ses sabots, en grimpant sur la terre qui venait de tomber.
Ainsi, pendant que les voisins du fermier continuaient à jeter de la terre et des cailloux sur l'animal, il se secouait et montait toujours plus haut.
Bientôt, chacun fut stupéfait de voir l'âne sortir du puits et se mettre à trotter.


Rencontrer le vrai dragon
Entre le réel et l’imaginaire, entre le désir et l’expression de la vie, nous sommes quelques fois surpris : voici une histoire qui riz de nos mythes et qui mite nos rites…

Il était une fois un homme qui était fasciné par les dragons. Les murs de sa maison étaient couverts de peintures de dragons et chaque étagère était garnie de statues et de figurines de dragons. En fait, sa maison entière était remplie d’images de dragons.
Un jour un vrai dragon vint et regarda par la fenêtre. Quand il vit toutes les images de dragons, il fut enchanté, car ici, visiblement, habitait un homme qui adorait les dragons. Il serait sûrement ravi d’avoir la visite d’un vrai dragon chez lui.
Mais quand l’homme regarda par la fenêtre et vit le vrai dragon, il fut si terrifié qu’il s’évanouit immédiatement.
extrait de "To meet the real dragon", Nishijima et Bailey


Yamamba
Un conte pour relativiser nos handicaps et nos limites…
Il était une fois... deux moines, qui s'en allaient rejoindre leur couvent près d'Edo. Ils avaient été retardés par un couple de paysans, qui leur avait demandé de bénir leur fils nouveau-né, et leur maison, et le troupeau. Ils avaient bu par politesse, et charité de coeur, une ou deux coupes de saké. Maintenant, ils se trouvaient à la lisière de la forêt et déjà, la nuit tombait.
Or, l'un des deux moines était aveugle et son compagnon le guidait:
- Ne crains rien, Djiro ! dit le moine éclaireur, nous allons traverser la forêt, où vivent, selon les légendes, monstres et sorcières, mais j'ouvre l'oeil, et je te protégerai contre tous les dangers.
Et il ajouta, d'une voix qu'il raffermissait:
- Tiens mon bras et avançons hardiment !
Les deux moines parvinrent au coeur de la forêt, quand soudain une tarasque abominable sortit d'un fourré. C'était Yamamba, la vieille sorcière édentée, l'effrayante dame des bois. Elle était immense, avec de grandes narines, un nez monstrueux, des yeux injectés de sang où semblaient tournoyer des roues de feu. Sa langue rouge écarlate pendait jusqu'à sa taille. Ses cheveux gris et sales flottaient au vent. Elle avait de très longs bras de squelette terminés par des griffes cauchemardesques, et ses pieds velus frappaient le sol avec rage. Le moine qui servait de guide se mit à trembler de tous les os de son corps.
- Qu'as-tu mon frère, je n'entends plus ta voix, et je te sens chanceler contre moi, parle-moi, je t'en prie !
Le moine clairvoyant, paralysé de terreur, ne pouvait émettre aucun son. Et l'horrible Yamamba s'avançait toujours, elle tendait vers les deux moines, ses griffes acérées; ses yeux rougeoyaient, et sa bouche se tordait en un rire épouvantable.
- Je sens que tu n'es pas bien, dit l'aveugle, je ne comprends pas pourquoi, mais laisse-moi te soutenir et te guider à mon tour, appuie-toi sur moi ! Et d'un pas ferme, l'aveugle entraîna son compagnon en direction de Yamamba, qu'il ne voyait pas.
Le monstre stupéfait vit les deux moines s'avancer droit sur lui. Ils ne manifestaient aucune peur et semblaient indifférents à son aspect effroyable. Alors Yamamba tira son énorme langue rouge et visqueuse hors du gouffre de sa bouche, jusqu'à ses pieds velus. Elle les foudroya de son regard incandescent, elle ouvrit et ferma ses griffes menaçantes. Tout cela en vain.
Entraînés d'une main ferme par l'aveugle, les deux moines avançaient toujours.
Yamamba vaincue s'évanouit dans les airs et disparut.


On a toujours besoin d'un plus petit que soi...(conte russe)
Il était une fois en Russie, un vieil homme qui plantait des graines de navets. Chaque année, il ramassait de beaux légumes mais, cette fois, il était particulièrement fier d'un très gros navet.

Il le laissa en terre plus lontemps que les autres, et le navet continua de grandir. Il devint même si gros que jamais de mémoire d'homme on n'en avait vu de semblable. Il s'arrêta enfin de grandir, et le vieil homme pensa alors qu'il était temps de l'arracher.

Il empoigna le grand gros navet par les feuilles, il tira et tira... Mais le navet ne bougea pas !

Alors, le grand-père appela la grand-mère pour qu'elle vienne l'aider. La grand-mère tirait le grand-père, et le grand-père tirait le navet. Ensemble, ils tirèrent et tirèrent... Mais le navet ne bougea pas !

Alors la grand-mère demanda à sa petite-fille de venir les aider. La petite-fille tirait la grand-mère, la grand-mère tirait le grand-père, et le grand-père tirait le navet... Mais le navet ne bougeait toujours pas !

La petite-fille appela le chien pour qu'il vienne les aider. Le chien tirait la petite-fille, la petite-fille tirait la grand- mère, la grand-mère tirait le grand-père, et le grand-père tirait le navet.
Mais le grand gros navet ne voulait toujours pas bouger d'un pouce !

Le chien appela le chat pour qu'il vienne les aider. Le chat tirait le chien, le chien tirait la petite-fille, la petite-fille tirait la grand-mère, la grand-mère tirait le grand-père, et le grand-père tirait le navet. Mais le grand gros navet ne bougeait toujours pas !

Le chat appela la souris pour qu'elle vienne les aider. La souris tirait le chat, le chat tirait le chien, le chien tirait la petite-fille, la petite-fille tirait la grand- mère, la grand-mère tirait le grand- père, et le grand-père tirait le navet. Ils tiraient et tiraient aussi fort qu'ils le pouvaient. D'un seul coup, le grand gros navet sortit de terre et ...

Tout le monde bascula cul par-dessus tête !


Qui ?
J’ai choisi cette semaine une devinette philosophique digne d’une méditation au désert…

Lazard était un pauvre cultivateur qui se contentait du peu qu’il avait. Ses trois enfants lui apportaient le bonheur car chacun avaient un don particulier. Le premier de ses enfants avait le don de clairvoyance, le deuxième avait le don de voler à grande distance et le troisième possédait le don de guérison.
Un jour, alors que tous ses enfants étaient aux champs, Lazard tomba très gravement malade au point de mourir dans l’immédiat si rien n’était fait. Au même moment, l’enfant ayant le don de clairvoyance vit l’état de son père et appela ses frères :br/> - Père est très souffrant, nous devons rentrer au plus vite !
Le deuxième enfant ayant le don de voler les pris sur ses épaules et les porta du champ jusqu’à la maison.
Le troisième enfant au don de guérison miraculeuse utilisa son pouvoir pour guérir leur père.
Tous furent heureux de voir leur père sur pieds. Puis chacun des enfants revendiqua à lui seul le mérite d’avoir sauvé leur père.
Le premier dit :
- Si je n’avais rien vu, vous n’auriez jamais vu qu’il se passait quelque chose d’anormal à la maison.
Le deuxième soutint sa position en s’exclamant :
- si je ne vous avais pas portés immédiatement à la maison, notre père bien-aimé serait mort avant notre arrivée.
Le troisième ajouta :
- c’est mon don de guérison miraculeuse qui a sorti Père de son mal.

Selon vous, qui de ses trois enfants a vraiment sauvé son père ?


Un conte pour ceux qui n'ont pas le temps... de se rencontrer dans le Désert !
Je ne peux résister à vous partager ce Conte qui serait une bonne blague si je ne reconnaissais pas là un de mes penchants pour l'activisme...et vous ?

Le temps c'est de l'argent !

Au bord de l’eau, dans un petit village mexicain, un bateau rentre au port. Un américain qui est là, complimente le pêcheur mexicain sur la qualité de ses prises et lui demande combien de temps il lui a fallu pour les capturer.
- " Pas très longtemps ", répond le Mexicain.
- " Mais alors, pourquoi n’êtes-vous pas resté en mer plus longtemps pour en attraper plus? " demande l’Américain.
Le Mexicain répond que ces quelques poissons suffisent à assurer la subsistance de sa famille.
- L’Américain demande alors : " Mais que faites-vous le reste du temps? "
- Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir, je vais au village voir mes amis, nous buvons du vin et jouons de la guitare. J’ai une vie bien remplie.
- L’Américain l’interrompt : " J’ai un MBA de l’université de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l’argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers. Au lieu de vendre votre poisson à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l’usine et même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Mexico, Los Angeles, puis peut-être New-York d’où vous dirigeriez toutes vos affaires. "
- Le mexicain demande alors : " Et combien de temps cela prendrait-il ? "
- " 10 ou 20 ans ", répond l’Américain.
- Et après?
- " Après? C’est là que ça devient intéressant ", répond l’Américain en riant, " quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous gagnerez des millions. "
- Des millions? Mais après?
- Après?
- " ... Vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme et passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis…
Que celui qui a des oreilles (de lapin ?) entende...


L’arbre qui voulait rester nu
Il était une fois un arbre. Au beau milieu d’un verger, il était sorti de terre, petite pousse verte et fragile se confondant avec les herbes alentours. Curieux de tout, il regarda bien vite le monde qui l’entourait, les fleurs qui s’ouvraient le matin et se refermaient le soir, les oiseaux qui sifflaient en sautant de branche en branche, le paysan qui venait tôt le matin cueillir les fruits des arbres, les graminées qui ondulaient sous la caresse des vents...
Ah !, il le trouvait beau ce monde autour de lui, il avait envie lui aussi de participer à cette beauté, de trouver sa place dans cette harmonie.
Une année s’écoula et, ayant grandi, il était devenu un petit rameau portant quelques tiges. Il se rendit compte qu’il n’était pas un brin d’herbe comme il l’avait crû tout d’abord, mais un arbre et se mit à observer plus attentivement ses aînés.
Il les trouvait si grands, si beaux recouverts de leurs feuilles et de leurs fleurs ; il fût si émerveillé de voir toutes ces fleurs se transformer en fruits, il fût si attendri des soins attentifs que leur apportait le paysan, mais...
Mais, se regardant, il s’aperçut que son écorce ne ressemblait à aucune de celles qui les habillait, que ses branches n’avaient pas la même forme que les leurs. Alors, il eût peur, peur de n’être pas assez grand, peur de n’être pas assez beau, peur de ne pas porter assez de fruits, il eût peur que les autres, pommiers, poiriers, mirabelliers... n’acceptent pas sa différence et il décida de ne produire ni feuille, ni fleur, ni fruit.
C’est ainsi que les années passèrent, à chaque printemps, son tronc s’épaississait, s’allongeait, de nouvelles branches poussaient, mais... ni feuille, ni fleur, ni fruit.
Pour ne pas se trouver nu face aux autres, il s’était depuis son jeune âge laissé peu à peu recouvrir par un lierre grimpant, par des liserons et par des bouquets de gui : ne sachant à quoi il pourrait ressembler, il se couvrait d’une beauté qui n’était pas la sienne.
Le jardinier plus d’une fois projeta de le couper pour en faire du bois de chauffage, mais trop occupé par ailleurs, il remit chaque fois cette tâche à plus tard. Un matin pourtant il vint, armé d’une grande hache et commença par couper le lierre qui enserrait l’arbre. Du lierre, il y en avait tellement que cela lui prit toute la journée et qu’une fois de plus, il remit l’abattage à plus tard. Cette nuit là, un petit ver parasite piqua le liseron qui en mourut aussitôt et le lendemain, les oiseaux du ciel apercevant le gui vinrent le picorer.
Il ne restait plus de l’arbre au milieu du verger qu’un tronc et des branches : il ne restait plus que l’arbre au milieu du verger.
S’apercevant soudain de sa nudité et ne sachant par quel artifice la couvrir, il se décida enfin à laisser pousser tout au long de ses branches de belles petites feuilles d’un vert tendre, à laisser éclore au bout de chaque rameau de mignonnes petites fleurs blanches contrastant joliment avec le brun de la ramure et le vert du feuillage
Le paysan sur ces entrefaites revint avec sa hache et découvrant à la place du tronc inutile un magnifique cerisier, ne trouva plus aucune raison de le couper. Il le laissa donc, trop heureux du miracle qui s’était produit.
Depuis ce jour, l’arbre vit heureux au milieu du verger, il n’est pas comme les autres, ni plus beau, ni plus grand, mais tout aussi utile. Il a compris que ni la texture de l’écorce, ni le tracé des branches, ni la forme des feuilles, ni la couleur des fleurs n’ont d’importance : seuls importent les fruits qu’il porte et que nul autre que lui ne peut porter.
Aussi, tous les ans, à la belle saison, les enfants du paysan viennent avec une échelle et, s’éparpillant dans sa ramure, se gavent de ses fruits et le réjouissent par leurs rires.
N’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter, car nul autre ne pourra les porter pour nous, mais chacun pourra s’en nourrir. N’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter.
Car chaque fois que nous les refuserons, il manquera quelque-chose dans le monde ; n’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter, car chacun d’eux permettra de faire grandir la Vie et l’Amour...


Le puits dans le désert (merci Chantal)
- Le désert est beau, dit le petit prince.
Et c'était vrai. J'ai toujours aimé le désert. On s'assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n'entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence....
- Ce qui embellit le désert, dit le petit prince, c'est qu'il cache un puits quelque part...
[...]Lorsque j'étais petit garçon j'habitais une maison ancienne, et la légende racontait qu'un trésor y était enfoui. Bien sûr, jamais personne n'a su le découvrir, ni peut-être même ne l'a cherché. Mais il enchantait toute cette maison. Ma maison cachait un secret au fond de son coeur...
- Oui, dis-je au petit prince, qu'il s'agisse de la maison, des étoiles ou du désert, ce qui fait leur beauté est invisible!
- Je suis content, dit-il, que tu sois d'accord avec mon renard.
[...] je découvris le puits au lever du jour.
Saint Exupéry, Le Petit Prince.

La feuille de papier (merci Chantal)
Une feuille de papier blanche comme neige dit:
« Pure je fus créée et pure je resterai à jamais. Je préfèrerais être brûlée et me changer en cendres blanches plutôt que de souffrir que l'obscurité me touche ou que la saleté s'approche de moi.»
La bouteille d'encre entendit ce que le papier disait et elle rit dans son coeur noir, mais elle n'osa jamais s'approcher d'elle.
Les crayons multicolores l'entendirent eux aussi, et ils ne s'approchèrent pas d'elle non plus.
Et le feuille de papier blanche comme neige resta pure et chaste pour toujours.
Pure et chaste – et vide.

Les défis sont des bénédictions déguisées. (merci Chantal)
Un homme découvrit un cocon. Et il l'observa attentivement.
Un jour il vit apparaître un tout petit trou ... pendant des heures il vit comment le papillon luttait de toutes ses forces pour sortir par ce tout petit trou.
Puis il sembla s'arrêter. Comme si il ne pouvait pas aller plus loin.
Alors l'homme décida d'aider le papillon.. Il prit une paire de ciseaux et coupa avec précaution l'extrémité du cocon .
Et le papillon put sortir facilement. Mais son corps était enflé et ses ailes toutes froissées.L'homme continua à observer son petit ami, s'attendant à ce que ses ailes se déploient , que son corps s'affine et qu'il s'envole majestueux . Mais cela n'arriva jamais. En fait le papillon passa le reste de sa vie à ramper avec son corps enflé et ses ailes froissées. Il ne put jamais voler.
Ce que l'homme n'a pas compris dans sa grande bonté et sa précipitation c'est que le cocon étroit et la lutte pour s'en extraire par le minuscule orifice forçaient le papillon à faire passer un fluide de son corps à ses ailes afin d'être prêt pour la lumière et pour l'envol en se libérant du cocon.

Conte juif (merci Chantal)
Un vieux rabbin racontait : "Chacun de nous est relié à Dieu par un fil.
Et lorsqu’il commet une faute, le fil est cassé.
Mais lorsqu’on regrette sa faute, Dieu fait un noeud au fil.
Du coup, le fil est plus court qu’avant. Et le pêcheur est un peu plus près de Dieu. Ainsi, de faute en repentir, de noeud en noeud, nous nous rapprochons de Dieu.
Finalement, chacun de nos péchés est l’occasion de raccourcir d’un cran la corde à noeuds et d’arriver plus près du coeur de Dieu.
Tout est grâce."

Printemps
Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L'oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d'être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d'une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d'amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l'ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d'heureux chanter dans l'infini.
Victor Hugo

Nasreddine médecin
Nasreddine Hodja avait envie d'apprendre la médecine. Il alla voir le médecin le plus célèbre de sa ville et lui fit part de son désir :
" Tu tombes bien, lui dit le médecin, je vais visiter quelques malades; viens avec moi, tu pourras ainsi apprendre le métier sur le terrain. "
Nasreddine accompagna le médecin chez le premier malade. Le médecin regarda à peine le patient et lui dit:
" Ton cas est très simple : ne mange plus autant de cerises, bois une tisane avant de dormir et demain tu seras guéri. "
Nasreddine Hodja était plein d'admiration. Dans la rue, il ne tarit pas d'éloges :
" Ô ! maître, vous êtes vraiment un grand médecin! Comment, sans toucher le malade, avez-vous pu deviner de quoi il souffrait ? "
" C'est très simple, lui répondit-il, j'ai regardé sous le lit et j'ai vu qu'il y avait un gros tas de noyaux de cerises. J'en ai déduit qu'il en avait trop mange. "

Le Hodja se dit que la médecine était plutôt simple et qu'il pouvait l'exercer à son tour.
Il se déclara médecin et, dès le lendemain, alla visiter son premier patient. Il entra, regarda sous le lit et ne vit que les vieilles babouches du malade :
" Ton cas est simple, lui dit,il, ne mange plus autant de babouches, bois une tisane avant de dormir et demain tu seras tout à fait guéri.

Sauvons notre Terre

REFRAIN:
Sauvons notre terre
Assez lassée de la misère
Assez de désespoir
il faudra seulement y croire

Qu'est-ce qui a pu provoquer une telle pollution?
Je ne comprends pas
Qui a pu faire cela? Pour quelles raisons? Je ne sais pas
Pas de motivation seulement de l'inconscience!
C'est l'homme et sa science!
Seulement de l'inconscience!

REFRAIN(bis)

Ici et ailleurs, c'est l'horreur!
Cela me donne du mal au coeur
Et nous sommes tous responsables
Il n'y a que le sable de nos plages
Qui est sali
Et même si nous pensons que c'est autrui
Nous sommes tous responsables

REFRAIN

Je désespère devant tant de déchets.
Que pouvons nous y faire?
La terre ....nous allons la protéger
La terre ....nous allons la protéger

Paroles : CE2/CM1 écoles Fontenay et J.Collet, Seine Maritime

Colère et Amour

Plus la Colère est grande
Plus haute est l'explosion de l'Amour.
Colère de l'homme pour lui-même
De l'hornme pour l'autre homme
De l'homme pour le monde.
La Colère libère les forces de l'Amour.

La Colère accuse la Tiédeur
Chasse la Pudeur
Transgresse la Prudence
Refuse la suffisance.
L'Amour se nourrit de la Colère.

Colère et Amour
Ces deux tranchants d'un même glaive
Naissent l'un de l'autre
S'accomplissent l'un par l'autre
Et jamais ils ne tariront.

Colère
Force d'Incarnation de l'Amour.
Colère qui déchire
Les nuages de l'inconscient et de la peur.
Colère qui ouvre
Et creuse le chemin de la conscience.
Colère qui ose - Audace de la Colère.
Colère qui risque l'affrontement
Pour un plus grand Amour.
Colère
Puissance d'Amour devant lequel
Ce qui n'est pas plie.
Colère des mendiants de la Vérité.
La Colère ne supporte pas le mensonge
Ne tolère pas le mal
Bannit la mesquinerie.

La Colère,
C'est l'Amour qui espère
C'est l'Esperance que rien ne peut retenir
C'est le Feu qui ne s'éteint pas.
La Colère révèle la dignité de l'homme
La Liberté de l'homme
La Beauté de l'homme.

Colère d'un travail créateur.
Colère du geste et de la parole.
Colère, refus de l'esclavage,
Colère n'est pas violence
L'équilibre de forces est violence.
La Colère est tension vers l'harmonie.
La Colère s'expose
Quand la violence s'impose
La Colère provoque
Quand la violence contraint
La violence tue
La Colère engendre à la vie.

L'argent

Voici un gentil petit poème sur l'argent à envoyer à votre banquier...
Il peut acheter une maison
Mais pas un foyer
Il peut acheter un lit
Mais pas le sommeil
Il peut acheter une horloge
Mais pas le temps
Il peut acheter un livre
Mais pas la connaissance
Il peut acheter une position
Mais pas le respect
Il peut payer le médecin
Mais pas la santé.
Il peut acheter du sang
Mais pas la vie
Il peut acheter du sexe
Mais pas de l'amour.

La maman des poissons

Nous vous invitons à partager notre joie en reprenant avec nous l'hymne de l'école des arts et métiers du clown :

Si l'on ne voit pas pleurer les poissons
Qui sont dans l'eau profonde,
C'est que jamais quand ils sont polissons
Leur maman ne les gronde.

Quand ils s'oublient à faire pipi au lit
Ou bien sur leurs chaussettes,
Ou à cracher comme des pas polis
Elle reste muette.

La maman des poissons, elle est bien gentille !

Ell' ne leur fait jamais la vie
Ne leur fait jamais de tartines,
Ils mangent quand ils ont envie
Et quand ca a dîné, ca r'dine.

S'ils veulent prendre un petit ver
Elle les approuve de deux ouïes,
Leur montrant comment sans ennuis
On les décroch' de leur patère.

S'ils veulent être maquereaux
C'est pas elle qui les empêche,
De s'faire des raies bleues sur le dos
Dans un bac de peinture fraîche.

J'en connais un qui s'est marié
À une grande raie publique,
Il dit quand elle lui fait la nique
" Ah, qu'est ce que tu me fais, ma raie !"

La maman des poissons elle a l'oeil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille,
Et moi je l'aime bien avec du citron.

La maman, des poissons, elle est bien gentille.

Boby Lapointe, 1971

L'homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères...
Le Grand Chef de Washington nous a fait part de son désir d'acheter notre terre.
Le Grand Chef nous a fait part de son amitié et de ses sentiments bienveillants. Il est très généreux, car nous savons bien qu'il n'a pas grand besoin de notre amitié en retour.
Cependant, nous allons considérer votre offre, car nous savons que si nous ne vendons pas, l'homme blanc va venir avec ses fusils et va prendre notre terre.

Mais peut-on acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? Etrange idée pour nous !
Si nous ne sommes pas propriétaire de la fraîcheur de l'air, ni du miroitement de l'eau, comment pouvez-vous nous l'acheter ?
Le moindre recoin de cette terre est sacré pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque grève sablonneuse, chaque écharpe de brume dans le bois noir, chaque clairière, le bourdonnement des insectes, tout cela est sacré dans la mémoire et la vie de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres porte les souvenirs de l'homme rouge. Les morts des hommes blancs, lorsqu'ils se promènent au milieu des étoiles, oublient leur terre natale. Nos morts n'oublient jamais la beautée de cette terre, car elle est la mère de l'homme rouge; nous faisons partie de cette terre comme elle fait partie de nous.
Les fleurs parfumées sont nos soeurs, le cerf, le cheval, le grand aigle sont nos frères; les crêtes des montagnes, les sucs des prairies, le corps chaud du poney, et l'homme lui-même, tous appartiennent à la même famille.
Ainsi, lorsqu'il nous demande d'acheter notre terre, le Grand Chef de Washington exige beaucoup de nous. Le Grand Chef nous a assuré qu'il nous réserverait un coin, où nous pourrions vivre confortablement, nous et nos enfants, et qu'il serait notre père, et nous ses enfants.
Nous allons donc considérer votre offre d'acheter notre terre, mais cela ne sera pas facile, car cette terre pour nous, est sacrée. L'eau étincelante des ruisseaux et des fleuves n'est pas de l'eau seulement; elle est le sang de nos ancêtres. Si nous vendonc notre terre, vous devez vous souvenir qu'elle est sacrée, et vous devrez l'enseigner à vos enfants, et leur apprendre que chaque reflet spectral de l'eau claire des lacs raconte le passé et les souvenirs de mon peuple. Le murmure de l'eau est la voix du père de mon père.
Les fleuves sont nos frères: ils étanchent notre soif. Les fleuves portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devrez vous souvenir que les fleuves sont vos frères et les vôtres, et l'enseigner à vos enfants, et vous devrez dorénavant leur témoigner la bonté que vous auriez pour un frère.
L'homme rouge a toujours reculé devant l'homme blanc, comme la brume des montagnes s'enfuit devant le soleil levant. Mais les cendres de nos pères sont sacrées. Leurs tombes sont une terre sainte, ainsi, ces collines, ces arbres, ce coin de terre sont sacrés à nos yeux. Nous savons que l'homme blanc ne comprend pas nos pensées. Pour lui un lopin de terre en vaut un autre, car il est l'étranger qui vient de nuit piller la terre selon ses besoins. La sol n'est pas son frère, mais son ennemi, et quand il l'a conquis, il poursuit sa route. Il laisse derrière lui les tombes de ses pères et ne s'en soucie pas. Les tombes de ses pères et le patrimoine de ses enfants sont oubliés. Il traite la terre, sa mère, et le ciel, son frère, comme des objets qu'on achète, qu'on pille, qu'on vend, comme des moutons ou des perles brillantes. Son appétit va engloutir la terre et ne laissera derrière lui qu'un désert.
Je ne sais. Nos voies diffèrent de vos voies. La vue de vos villes blessent les yeux de l'homme rouge. Peut-être parce que l'homme rouge est un sauvage qui ne comprends pas.
Il n'y a pas de lieu calme dans les villes de l'homme blanc, pas de place où entendre les feuilles qui se déroulent, au printemps, ou le bruissement des ailes d'insectes. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage qui ne comprend pas. Le fracas qui règne seul insulte l'oreille. Et à quoi bon vivre, si l'homme ne peut écouter le cri solitaire de l'engoulevent ou les palabres des grenouilles autour de la mare ? Je suis un homme rouge, et je ne comprends pas. L'Indien préfère le doux bruit du vent effleurant la surface d'un étang, et le parfum du vent, lavé par la pluie de midi ou chargé de la senteur des pins.
L'air est précieux à l'homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle; les bêtes, les arbres, l'homme, tous participent au même souffle. L'homme blanc paraît indifférent à l'air qu'il respire. Comme un homme à l'agonie depuis des jours, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vendons notre terre, vous devez vous souvenir que l'air nous est précieux, qu'à tous les êtres qu'il fait vivre il fait partager son esprit. Le vent qui a donné son premier souffle à notre aïeul reçoit aussi son dernier soupir. Et le vent doit aussi donner à nos enfants l'esprit de la vie. Si nous vendons notre terre, vous devez la conserver comme un lieu à part et sacré, où l'homme blanc lui-même puisse goûter la douceur du vent parfumé par les fleurs des prairies.
Nous allons donc considérer votre offre d'acheter notre terre. Si nous décidons de l'accepter, ce sera à une condition : l'homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.
Je suis un sauvage et ne comprends pas les autres usages. J'ai vu mille buffles pourrir sur la prairie, abandonnés par l'homme blanc qui les avait abattus d'un train en marche. Je suis un sauvage qui ne comprends pas que le cheval de fer fumant puisse être plus important que le buffle, lui que nous tuons que pour rester en vie.
Qu'est l'homme sans les bêtes? Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme mourrait de grande solitude de l'esprit. Car tout ce qui arrive aux bêtes ne tarde pas à arriver à l'homme. Toutes choses sont liées. Vous devez enseigner à vos enfants sur la terre, sous leurs pieds, est faite des cendres de nos grands-parents. Afin qu'ils la respectent, dites à vos enfant que la terre est riche de la vie de notre peuple. Apprenez à vos enfants ce que nous apprenons à nos enfants, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. Lorsque les hommes crachent sur la terre, ils crachent sur eux-mêmes. Nous le savons: la terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre. Nous le savons: toutes choses sont liées comme par le sang qui unit une même famille.
Toutes choses sont liées.
Tout ce qui arrive à la terre arrive au fils de la terre. L'homme n'a pas tissé la toile de la vie. Il n'est qu'un fil de tissu. Tout ce qu'il fait à la toile, il le fait à lui-même.
Mais nous allons considérer votre offre d'aller dans la réserve que vous destinez à mon peuple. Nous vivrons à l'écart et en paix. Qu'importe où nous passerons le restant de nos jours. Nos enfants ont vu leurs pères humiliés dans la défaite. Nos guerriers ont connu la honte; après la défaite, ils coulent des jours oisifs et souillent leurs corps de nourritures douces et de boissons fortes.
Qu'importe où nous passerons le reste de nos jours ? Ils ne sont plus nombreux. Encore quelques heures, quelques hivers, et il ne restera plus aucun enfants des grandes tribus qui vivaient autrefois sur cette terre, ou qui errent encore dans les bois, par petits groupes; aucun ne sera là pour pleurer sur les tombes d'un peuple autrefois aussi puissant, aussi plein d'espérance que le vôtre. Mais pourquoi pleurer sur la fin de mon peuple ? Les tribus sont faites d'hommes pas davantage. Les hommes viennent et s'en vont, comme les vagues de la mer.
Même l'homme blanc, dont Dieu marche avec lui et lui parle comme un ami avec son ami, ne peut échapper à la destinée commune. Peut-être sommes-nous frères malgré tout; nous verrons. Mais nous savons une chose que l'homme blanc découvrira peut-être un jour: notre Dieu est le même Dieu. Vous avez beau penser aujourd'hui que vous le posséder comme vous aimeriez posséder notre terre, vous ne le pouvez pas. Il est le Dieu des hommes, et sa compassion est la même pour l'homme rouge et pour l'homme blanc. La terre est précieuse à ses yeux, et qui porte atteinte à la terre couvre son créateur de mépris. Les Blancs passeront, eux aussi, et peut-être avant les autres tribus. Continuez à souiller votre lit, et une belle nuit, vous étoufferez dans vos propres déchets. Mais dans votre perte, vous brillerez de feux éclatants, allumés par la puissance de Dieu qui vous a amenés dans ce pays, et qui, dans un dessein connu de lui, vous a donné pouvoir sur cette terre et sur l'homme rouge. Cette destinée est pour nous un mystère; nous ne comprenons pas, lorsque tous les buffles sont massacrés, les chevaux sauvages domptés, lorsque les recoins secrets des forêts sont lourds de l'odeur d'hommes nombreux, l'aspect des collines mûres pour la moisson est abîmé par les câbles parlants. Où est le fourré . Disparu. Où est l'aigle ? Il n'est plus. Qu'est-ce que dire adieu au poney agile et à la chasse ? C'est finir de vivre et se mettre à survivre.
Gardez en mémoire le souvenir de ce pays, tel qu'il est au moment où vous le prenez. Et de toute vos forces, de toute votre pensée, de tout votre coeur, préservez-le pour vos enfants, et aimez-le comme Dieu nous aime tous.
Ainsi donc, nous allons considérer votre offre d'acheter notre terre. Et si nous acceptons, ce sera pour être bien sûrs de recevoir la réserve que vous nous avez promise. Là peut-être, nous pourrons finir les brèves journées qui nous restent à vivre selon nos désirs. Et lorsque le dernier homme rouge aura disparu de cette terre, et que son souvenir ne sera plus que l'ombre d'un nuage glissant sur la prairie, ces rives et ces forêts abriteront encore les esprits de mon peuple. Car ils aiment cette terre comme le nouveau-né aime le battement du coeur de sa mère. Ainsi, si nous vous vendons notre terre, aimez-la comme nous l'avons aimée. Prenez soin d'elle comme nous en avons pris soin.
Nous savons une choses: notre Dieu est le même Dieu. Il aime cette terre. L'homme blanc lui-même ne peut pas échapper à la destinée commune. Peut-être somme-nous tous frères.
Nous verrons.
("Discours de 1854" - Chef Sealth dit Seattle (1786 - 1866) Chef Indien d'Amérique du Nord

La peinture sur soi

je souhaite vous présenter ce photographe "hors piste", qui nous parle de ce qui peut être, au delà de ce que nous croyons être (de ceux que nous croyons être ?)...

extrait d'un article de Jean-Paul Mari :
" ...C'est là, au bord d'une piste, qu'Hans Silvester les a croisés : « Un choc profond. » dit le photographe, « D'où sortaient-ils ? Aussi beaux, avec cette capacité à inventer l'art contemporain ? » Lui est venu en Afrique en quête de reportage et d'un amour ancien, « Lucy » femme ancêtre de six millions d'années, découverte près du lac Turkar, le pays des origines. Où vont toutes ces pistes devant lui ? Bouleversé, Hans Silvester abandonne aussitôt son 4X4 et son projet et s'enfonce dans les terres à la recherche des tribus et leurs tableaux vivants. Il a soixante-huit ans et une longue carrière derrière lui.
A vingt ans, il quitte sa Forêt Noire natale pour filer en Vespa vers Marseille, fasciné par Giono et la lumière de Van Gogh. A peine arrivé, on lui vole son deux-roues sur le vieux port et il loue un vélo pour visiter la Camargue où, bon cavalier, il se fait embaucher comme gardian. Son livre sur les chevaux des étangs de Provence, les chats en Grèce, les Filles de Mirabaï au Rajasthan et quelques centaines de reportages ont fait de lui une légende du métier.
Il sait bien sûr que la région du fleuve de l'Omo n'est pas le Paradis des Natifs. La guerre au Soudan proche, les voleurs d'enfants soldats, les braconniers en quête d'Ivoire, les batailles tribales à coups de Kalachnikov, - qui vaut huit vaches -, pour arracher un pâturage ou une femme, - qui en vaut vingt-cinq -, ensanglantent régulièrement la région.
Don Mc Cullin, célèbre photographe de guerre au Vietnam et auteur d'un travail en noir et blanc sur ces guerriers, l'a mis en garde : « Méfie-toi ! Avec eux, je ne me suis jamais autant senti en danger. Tout le temps. » Ici, on part au combat avec une grande gaieté, les premiers missionnaires ont été assassinés, les survivants ne prêchent plus et le clan familial n'hésite pas à transpercer le cour de son fils prodigue, gamin raflé de force par Addis-Abeba et renvoyé adulte chez lui pour normaliser ses frères « sauvages ».
A trois jours de piste de la capitale éthiopienne, à des siècles de Khartoum ou de Nairobi, le pays est lointain et dur. L'été, à la saison sèche, il fait plus de cinquante degrés ; au printemps, la pluie rend les pistes impraticables, la région est infestée de lions, de léopards, d'éléphants et de buffles tueurs. Restent les insectes tueurs, la malaria endémique et ces mouches Tsé-Tsé qui ont laissé sur les jambes du photographe des trous larges d'un doigt, infectés et douloureux.
Il lui a fallu dix voyages en six ans, marcher sur les pas des tribus, planter sa tente dans la nuit électrique d'Afrique, approcher les campements sans déroger aux formules de politesse. Sans faire de faux-pas. Jamais. Avec lui, Mulu, professeur de géographie au chômage devenu son guide et ami, lui suggère d'amener un cuisinier : « Le déclic a eu lieu quand nous avons pu griller des chèvres et les partager avec les hommes de la tribu » dit Hans Silvester. Le sang, la viande, le feu. inutile de parler pendant ces longs banquets silencieux.
Le lendemain, Hans Silvester peut approcher son objectif à un mètre cinquante du grain de peau d'une toile de maître : « A la bonne distance, ils regardent droit dans l'objectif, dégagent ce qu'ils sont, sans poser, comme ces photos de mes aïeux. » Un jour, une femme Karo l'a embrassé, il a touché la soie de sa peau et les hommes n'ont rien dit : adopté. Mais depuis son retour, il a peur. Chez les Hammer, la tribu voisine, des visiteurs ont cru bon d'offrir des miroirs de poche. Et ces créateurs noirs, qui ne se voyaient que dans le regard des autres, ont soudain commencé à perdre leur magie."

Le clown
Une poésie peu connue de Verlaine qui avait touché le coeur de l'expérience Clown...
À Laurent Tailhade

Bobèche, adieu ! bonsoir, Paillasse ! arrière, Gille !
Place, bouffons vieillis, au parfait plaisantin,
Place ! très grave, très discret et très hautain,
Voici venir le maître à tous, le clown agile

Plus souple qu'Arlequin et plus brave qu'Achille,
C'est bien lui, dans sa blanche armure de satin ;
Vides et clairs ainsi que des miroirs sans tain,
Ses yeux ne vivent pas dans son masque d'argile.

Ils luisent bleus parmi le fard et les onguents,
Cependant que la tête et le buste, élégants,
Se balancent sur l'arc paradoxal des jambes.

Puis il sourit. Autour le peuple bête et laid,
La canaille puante et sainte des lambes
Acclame l'histrion sinistre qui la hait.
Paul Verlaine

Les oiseaux blancs et les oiseaux noirs

A retraduire selon votre spiritualité, votre culture ou vos croyances, un texte qui propose un chemin vers plus de Paix intérieure... et une vidéo rappelle que la peur est toujours à la base de l'exclusion...

La bonne action la plus profitable est celle qui consiste à prier pour ses ennemis. Les hommes se font beaucoup plus de tort à eux même en maudissant leurs ennemis qu'en les bénissant. La malédiction ne procure qu'une satisfaction de l'âme égoiste, donc une satisfaction d'un niveau matériel. Du point de vue spirituel, c'est le fait de bénir son ennemi qui est le plus profitable- Même si l'on passe pour un imbècile aux yeux des ignorants, on montre par là en réalité, sa maturité spirituelle et le degré de sagesse.
Les hommes sont ainsi, les uns par rapport aux autres, comparables à des murs situés face à face. Chaque mur est percé d'une multitude de petits trous où nichent des oiseaux blancs et des oiseaux noirs. Les oiseaux noirs, ce sont les mauvaises pensées et les mauvaises paroles. Les oiseaux blancs, ce sont les bonnes pensées et les bonnes paroles. Les oiseaux blancs, en raison de leur forme, ne peuvent entrer que dans des trous d'oiseaux blancs, et il en va de même pour les oiseaux noirs qui ne peuvent nicher que dans des trous d'oiseaux noirs. Maintenant, imaginons deux hommes qui se croient ennemis l'un de l'autre. Appelons-les Youssouf et Ali.
Un jour, Youssouf, persuadé que Ali lui veut du mal, se sent empli de colère à son égard et lui envoie une très mauvaise pensée. Ce faisant, il lâche un oiseau noir et, du même coup, libère un trou correspondant. Son oiseau noir s'envole vers Ali et cherche, pour y nicher, un trou vide adapté à sa forme. Si, de son côté, Ali n'a pas envoyé d'oiseau noir vers Youssouf, c'est-à-dire s'il n'a émis aucune mauvaise pensée, aucun de ses trous noirs ne sera vide. Ne trouvant pas où se loger, l'oiseau noir de Youssouf sera obligé de retourner vers son nid d'origine, ramenant avec lui le mal dont il était chargé, mal qui finira par ronger et par détruire Youssouf lui-même.
Mais imaginons qu'Ali a, lui aussi, émis une mauvaise pensée. Ce faisant, il a libéré un trou où l'oiseau noir de Youssouf pourra entrer afin d'y déposer une partie de son mal et y accomplir sa mission de destruction. Pendant ce temps, l'oiseau noir d'Ali volera vers Youssouf et viendra se loger dans le trou libéré par l'oiseau de ce dernier. Ainsi les deux oiseaux noirs auront atteint leur but et travailleront à détruire l'homme auquel ils étaient detinés.
Mais une fois leur tâche accomplie, ils reviendront chacun à son nid d'origine car, est-il dit : « Toute chose retourne à sa source. » Le mal dont ils étaient chargés n'étant pas épuisé, ce mal se retournera contre leurs auteurs et achèvera de les détruire. L'auteur d'une mauvaise pensée, d'un mauvais souhait ou d'une malédiction est donc atteint à la fois par l'oiseau noir de son ennemi et par son propre oiseau noir lorsque celui-ci revient vers lui.
La même chose se produit avec les oiseaux blancs. Si nous n'émettons que des bonnes pensée envers notre ennemi alors que celui-ci ne nous adresse que de mauvaises pensées, ses oiseaux noirs ne trouveront pas de place où loger chez nous et retournerons à leur expéditeur. Quand aux oiseaux blancs porteurs de bonnes pensées que nous lui aurons envoyés, s'ils ne trouvent aucune place libre chez notre ennemi, ils nous reviendront chargés de toute l'énergie bénéfique dont ils étaient porteurs.
Ainsi, si nous n'émettons que de bonnes pensées, aucun mal, aucune malédiction ne pourront jamais atteindre notre être. C'est pourquoi il faut toujours bénir et ses amis, et ses ennemis. Non seulement la bénédiction va vers son objectif pour y accomplir sa mission d'apaisement, mais encore elle revient vers nous, un jour ou l'autre, avec tout le bien dont elle était chargée.
C'est ce que les soufis appellent « l'égoïsme souhaitable ». C'est l'Amour de Soi valable, lié au respect de soi-même et de son prochain parce que tout homme est le dépositaire d'une parcelle de la Lumière divine. C'est pourquoi les soufi, conformément à l'enseignement du Prophète, ne veulent souiller ni leur bouche ni leur être par de mauvaises paroles ou de mauvaises pensées, même apparemment bégnines.
Extrait de « Vie et Enseignement de Tierno Bokar », rapporté par Amadou Hampaté Ba. Théodore Monod surnommait Tierno Bokar : « le St François d'Afrique»

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Jeux
 
  • Le carré magique

Relier les 9 points en 4 coups de crayon et sans lever la main...

réponse à envoyer à: carre @ clown.asso.fr

 
 
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
  • Le test du nénuphar (merci à Théodore Monod...)

Je ne sais pas si vous connaissez ce petit test du nénuphar. Personnellement, j’ai toujours été fasciné par ça parce que la première fois où l’on m’a fait faire le calcul, j’ai été piégé comme la plupart des gens. Du moins, je l’espère, parce que sinon je me sentirais bien sot d’avoir été le seul... [rires]

Voici de quoi il retourne : on plante un nénuphar dans un grand lac puis ce nénuphar a la propriété héréditaire de produire chaque jour un autre nénuphar. Il se trouve qu’au bout de trente jours, la totalité du lac est recouverte par les descendants de ce nénuphar, à un point tel que l’espèce entière meurt étouffée, privée d’espace et de nourriture. Question : Au bout de combien de jours les nénuphars ne vont-ils couvrir que la moitié du lac?

réponse à envoyer à: nenuphar @ clown.asso.fr

rien à gagner, à part mon admiration...

 

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